Le diabète se diagnostique-t-il sur l'HbA1c ?
Pas en France. Le diagnostic y repose sur la glycémie veineuse à jeun, confirmée sur deux prélèvements — ou sur une glycémie franchement élevée accompagnée de symptômes. Le diagnostic par l'hémoglobine glyquée, proposé par l'Organisation mondiale de la santé en 2011, n'a pas été retenu ici. C'est une divergence assumée avec plusieurs recommandations étrangères, et elle explique pourquoi un article international peut décrire une démarche qui ne correspond pas à celle de votre laboratoire.
Que mesure exactement l'hémoglobine glyquée ?
La part de l'hémoglobine sur laquelle du glucose s'est fixé de façon durable. Comme un globule rouge vit environ quatre mois, elle donne une moyenne des deux à trois mois précédents — une mémoire, pas une photographie. Les semaines les plus récentes y pèsent davantage que les plus anciennes, ce qui explique qu'un changement récent se voie en partie, mais en partie seulement.
Faut-il être à jeun pour ce dosage ?
Non, et c'est une différence pratique importante avec la glycémie. L'hémoglobine glyquée ne dépend pas du dernier repas, puisqu'elle résume plusieurs semaines : elle peut donc être prélevée à n'importe quel moment de la journée. La glycémie à jeun, elle, impose ses conditions — et ces conditions font partie du résultat.
Dans quels cas ce dosage devient-il peu fiable ?
Chaque fois que les globules rouges eux-mêmes sont en cause : anémie, hémolyse, maladie de l'hémoglobine, transfusion récente, insuffisance rénale sévère. La grossesse constitue également une situation à part. Le raisonnement est simple : une mesure qui repose sur la durée de vie des globules rouges perd son sens quand cette durée de vie change. On se replie alors sur la glycémie ou sur l'autosurveillance.
Existe-t-il un chiffre à atteindre, le même pour tout le monde ?
Non. L'objectif est individualisé : il dépend de l'ancienneté du diabète, de l'âge, des autres maladies, du risque d'hypoglycémie et de ce que le traitement coûte en qualité de vie. Un objectif ambitieux chez une personne jeune et récemment diagnostiquée n'a pas le même sens chez une personne âgée et fragile, où viser trop bas peut faire plus de mal que de bien. C'est une cible discutée, pas une norme à atteindre.