Combien de vaccins sont réellement obligatoires ?
Onze ou douze, selon l'année de naissance de l'enfant — et l'on trouve pourtant les trois nombres onze, douze et treize sur des sites francophones. Pour les enfants nés à partir du premier janvier deux mille dix-huit, onze vaccinations sont obligatoires. Pour ceux nés à partir du premier janvier deux mille vingt-trois, le compte passe à douze, et l'arithmétique mérite d'être détaillée puisque c'est là que les erreurs se produisent : la vaccination contre le méningocoque ACWY ne s'ajoute pas à celle contre le méningocoque C, elle la remplace, tandis que celle contre le méningocoque B constitue un véritable ajout. Une substitution plus un ajout font donc douze et non treize. Les pages annonçant treize comptent le remplacement comme une addition.
Mon enfant est né en 2023 ou 2024 : les méningocoques sont-ils obligatoires ?
Oui, et c'est la confusion la plus lourde de conséquences sur ce sujet. Deux dates coexistent et sont régulièrement mélangées : l'obligation est entrée en vigueur le premier janvier deux mille vingt-cinq, mais elle s'applique aux enfants nés à partir du premier janvier deux mille vingt-trois. Plusieurs sites annoncent qu'elle concerne les enfants nés après deux mille vingt-cinq, ce qui conduirait un parent d'enfant né en deux mille vingt-trois ou deux mille vingt-quatre à penser qu'il n'est pas concerné alors qu'il l'est. L'enjeu n'est pas théorique puisque le justificatif conditionne l'entrée en collectivité. Un rattrapage transitoire est d'ailleurs prévu pour les enfants de deux à quatre ans révolus, y compris ceux déjà vaccinés contre le seul sérogroupe C.
Quelle différence entre obligatoire et recommandé ?
Une différence juridique, pas une différence de protection ni de remboursement. Un vaccin obligatoire est exigé par la loi pour une classe d'âge donnée, sur le fondement de l'article L3111-2 du Code de la santé publique, et sa présentation conditionne l'inscription en crèche ou à l'école. Un vaccin recommandé n'a pas ce caractère contraignant, mais il offre la même protection et il est pris en charge par l'Assurance maladie dans les mêmes conditions. C'est le cas du vaccin contre le rotavirus, oral, ou de la prévention de la bronchiolite. Confondre les deux catégories conduit à deux erreurs symétriques : croire qu'un vaccin recommandé serait moins utile, ou croire qu'un vaccin obligatoire aurait été oublié alors qu'il n'était pas exigé pour cette classe d'âge.
Que se passe-t-il pour la crèche et l'école ?
Le justificatif des vaccinations obligatoires est demandé à l'inscription en collectivité, et son absence entraîne un refus d'admission, avec toutefois un délai pour régulariser la situation. C'est la raison pour laquelle savoir quel régime s'applique à son enfant a des conséquences concrètes plutôt que théoriques. Ce point mérite d'être vérifié directement auprès de la structure et du médecin qui suit l'enfant, d'autant que les textes évoluent : les dispositions relatives aux méningocoques ont encore été modifiées au printemps deux mille vingt-six, et la prise en charge des vaccins concernés a été étendue à plusieurs cohortes de naissance.
Qu'est-ce qui change en 2026 ?
Aucune nouvelle vaccination n'a été rendue obligatoire cette année. Les évolutions portent ailleurs : le rattrapage contre les papillomavirus est élargi jusqu'à vingt-six ans pour les femmes comme pour les hommes, la vaccination contre le pneumocoque est ouverte à toutes les personnes de soixante-cinq ans et plus, et une obligation d'immunisation contre la rougeole a été votée pour les soignants, son décret d'application restant attendu. Depuis la rentrée deux mille vingt-cinq, la vaccination contre les méningocoques ACWY est proposée gratuitement en classe de cinquième, aux côtés de la campagne contre les papillomavirus. Enfin, la prévention de la bronchiolite du nourrisson est désormais présentée sous la forme de deux stratégies distinctes, la vaccination de la mère pendant la grossesse ou l'immunisation du nourrisson, le choix relevant explicitement d'une décision parentale éclairée par les professionnels.