Pourquoi cette page ne calcule-t-elle aucune dose ?
Parce que le calcul dépend d'éléments qu'une page web n'a pas, et que l'erreur se paie cher. Une dose se détermine à partir du poids exact et récent de l'enfant, de la concentration précise du flacon ou du sachet utilisé, laquelle varie d'une présentation à l'autre, et de ce que l'enfant a déjà reçu. L'Assurance Maladie insiste d'ailleurs sur ce dernier point : il faut vérifier que l'enfant n'a pas déjà absorbé le même antipyrétique sous une autre forme, ce qu'un calculateur ne peut pas savoir. Un surdosage de paracétamol n'est pas un incident bénin. La notice du médicament, le pharmacien et le médecin disposent de ces informations, pas cette page, qui ne contient donc volontairement aucun chiffre de posologie.
Faut-il faire baisser la fièvre à tout prix ?
Non, et la recommandation officielle est plus explicite que ce qu'on en retient généralement : l'objectif du traitement est la suppression de l'inconfort, et non la normalisation de la température. C'est un renversement de perspective par rapport à l'intuition, qui pousse à surveiller le thermomètre et à viser un chiffre. Un enfant qui joue, boit et se comporte à peu près normalement avec une température élevée n'appelle pas la même attention qu'un enfant abattu, geignard ou qui refuse de boire, même à température plus basse. C'est pour cette raison que le chiffre affiché par le thermomètre est un renseignement parmi d'autres, et non le critère de décision. Les signes de gravité, eux, ne dépendent pas de la température.
Le bain tiède et l'alternance de médicaments sont-ils toujours conseillés ?
Ni l'un ni l'autre, et ce sont deux gestes que beaucoup de parents ont pourtant appris comme des évidences. Le bain frais et l'enveloppement frais ne sont plus recommandés : leur effet est décrit comme modeste et transitoire, et ils peuvent majorer l'inconfort de l'enfant — ce qui va directement contre l'objectif du traitement. L'alternance ou l'association de deux antipyrétiques n'est plus recommandée non plus, aucune étude n'ayant démontré son intérêt, tandis qu'elle risque d'additionner les effets indésirables. La conduite retenue est la monothérapie pendant les premières vingt-quatre heures. Ce qui reste conseillé tient en trois gestes simples : proposer fréquemment à boire, ne pas trop couvrir l'enfant, ne pas surchauffer la pièce.
Quand faut-il consulter en urgence ?
L'âge commande d'abord. Chez le nouveau-né de moins de vingt-huit jours, la fièvre traduit souvent une infection bactérienne dont la gravité justifie toujours une hospitalisation. Entre un et trois mois, le risque d'infection bactérienne sévère reste important — il concerne sept à vingt-trois pour cent des enfants de moins de trois mois consultant pour fièvre aux urgences pédiatriques — et l'expression en est souvent discrète, ce qui justifie un examen médical urgent. Au-delà, ce sont les signes qui décident : difficulté respiratoire, conscience altérée, absence de réponse aux stimulations, fontanelle bombée, pâleur ou cyanose, cris faibles ou geignements, raideur de la nuque, marbrures, temps de recoloration allongé, purpura. Un point mérite d'être souligné parce qu'il figure noir sur blanc dans la recommandation : la perception des parents doit être prise en compte.
Quels médicaments sont contre-indiqués ?
L'aspirine est formellement contre-indiquée chez l'enfant fébrile, en raison d'un risque rare mais potentiellement mortel de syndrome de Reye. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens, dont l'ibuprofène et le kétoprofène, ne doivent pas être donnés avant trois mois. Deux situations supplémentaires les excluent quel que soit l'âge : la varicelle, avérée ou seulement suspectée, parce qu'ils augmentent le risque de complications cutanées bactériennes, et la déshydratation liée à des diarrhées ou des vomissements importants. Enfin, deux anti-inflammatoires ne s'associent jamais. Ces contre-indications s'appliquent indépendamment de la température, ce qui illustre à nouveau que le thermomètre n'est pas ce qui décide.