Prendre son pouls suffit-il à savoir ?
Non. Le pouls sert à suspecter, jamais à conclure : la correspondance entre ce qu'on sent au poignet — ou ce qu'on ressent comme palpitations — et la réalité de l'arythmie est mauvaise. Un pouls irrégulier peut avoir d'autres causes, et une fibrillation intermittente peut laisser un pouls parfaitement régulier au moment où vous le prenez. Seul un tracé électrocardiographique tranche.
Une montre connectée peut-elle poser le diagnostic ?
Elle peut alerter, pas diagnostiquer. Les recommandations continuent d'exiger un tracé électrocardiographique — douze dérivations ou enregistrement prolongé — avant de retenir le diagnostic et surtout avant d'engager un traitement anticoagulant. Une alerte de montre est donc un motif de consultation, pas une conclusion : elle déclenche l'examen, elle ne le remplace pas.
Détecter davantage de cas, n'est-ce pas toujours mieux ?
C'est l'intuition, et les données la nuancent sérieusement. Les objets connectés détectent beaucoup plus de fibrillations — une étude randomisée a quadruplé la détection chez des personnes à risque. Mais ils seraient « trop sensibles » : ils repèrent des arythmies de faible charge, donc à faible risque d'embolie, chez qui le bénéfice en accidents évités est modeste alors que le risque hémorragique d'un traitement anticoagulant, lui, dure autant que le traitement. C'est exactement pour cela que l'exigence du tracé a été maintenue.
À partir de quel âge se pose la question ?
Les recommandations européennes prévoient un dépistage opportuniste après soixante-cinq ans — c'est-à-dire une prise de pouls lors des consultations, quelle qu'en soit la raison — et un dépistage plus systématique au-delà de soixante-quinze ans, ou plus tôt en présence de facteurs de risque d'embolie. Après un accident vasculaire cérébral dont la cause n'a pas été retrouvée, la recherche devient impérative et peut recourir à un enregistrement prolongé.
Quels signes doivent faire consulter ?
Des palpitations permanentes ou intermittentes, un essoufflement récent à l'effort, des malaises, des vertiges, une sensation de tête vide. Mais le point central de cette page est qu'il peut n'y avoir aucun signe : entre quinze et trente pour cent des personnes concernées n'en ressentent aucun, et c'est précisément pourquoi la prise de pouls en consultation a été recommandée plutôt que d'attendre une plainte.