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Droits

Accès au dossier médical

Huit jours, ou deux mois au-delà de cinq ans : ces délais sont connus comme des plafonds. Moins connu : la loi fixe aussi un plancher de quarante-huit heures — et il n'est pas là pour vous retarder.

Plancher et plafond Vos deux dates Recours détaillés Sans inscription
Mis à jour le 27 août 2026
Un droit encadré par deux délais, qui ne servent pas la même chose.

Le plafond protège votre droit : la communication doit intervenir au plus tard dans les huit jours suivant la demande, porté à deux mois lorsque les informations datent de plus de cinq ans — cinq ans comptés depuis la date à laquelle l'information a été constituée, non depuis votre demande.

Le plancher, lui, vous protège vous : la communication intervient au plus tôt après un délai de réflexion de quarante-huit heures. L'objet n'est pas de freiner l'exercice du droit mais d'éviter une remise « à chaud » de documents dont la lecture peut être difficile.

C'est la loi du 4 mars 2002, dite loi Kouchner, qui a posé le principe de l'accès direct — article L. 1111-7 du Code de la santé publique.

Vos deux dates

Les cinq ans se comptent depuis la date à laquelle l'information médicale a été constituée. Si votre dossier contient des pièces des deux périodes, le délai le plus long peut s'appliquer à l'ensemble.

Si rien n'arrive : la marche à suivre

1Relancer par lettre recommandée

En rappelant les textes applicables. Cela suffit dans bien des cas, et constitue une trace utile si la suite est nécessaire.

2Saisir la commission des usagers

Lorsque le dossier est détenu par un établissement de santé. C'est l'instance interne prévue pour ce type de blocage.

3Saisir la commission d'accès aux documents administratifs

Pour les établissements publics, dont les documents relèvent de ce régime.

4Envisager une démarche contentieuse

Selon les situations, et avec l'appui d'un conseil ou d'une association d'usagers.

Sur les frais. La consultation sur place est gratuite. Pour les copies, la première est délivrée sans frais en application des règles de protection des données ; les reproductions supplémentaires et l'envoi peuvent être facturés. Conformément à ce qui vaut pour toute cette section, aucun montant n'est publié ici.

Ce que le dossier contient, et ce qu'il ne livre pas

Dernière révision du contenu : 27 août 2026.

Cette page n'interprète aucun dossier

Une demande de dossier médical intervient souvent après un événement mal vécu, et la question qui l'accompagne est rarement neutre : y a-t-il eu une faute, un retard, une erreur ? Y répondre suppose de confronter des pièces cliniques, une chronologie et des références professionnelles, avec le dossier complet sous les yeux — ce qu'un site n'a pas et ne peut pas avoir.

Une réponse produite sans ces éléments risquerait d'inquiéter à tort, ou de rassurer à tort, dans un moment où l'une et l'autre erreur coûtent cher. Cette page se limite donc au cadre. Pour l'interprétation, un médecin — et le cas échéant un avocat ou une association d'usagers — sont les interlocuteurs adaptés.

Questions fréquentes

Qui peut demander un dossier médical, et à qui ?

Toute personne, pour les informations concernant sa propre santé, auprès des professionnels de santé, des établissements et des centres de santé qui les détiennent, à quelque titre que ce soit. C'est le principe posé par la loi du quatre mars deux mille deux et inscrit à l'article L. mille cent onze tiret sept du Code de la santé publique : l'accès est direct, sans avoir à passer par un intermédiaire, même si chacun peut choisir de le faire par l'intermédiaire d'un praticien qu'il désigne. Une personne mandatée peut également agir, à condition de justifier de son identité et d'un mandat exprès, et de ne défendre aucun autre intérêt que celui du patient. Les mineurs et les majeurs sous tutelle n'exercent pas ce droit personnellement, tout en conservant une certaine maîtrise de cet accès. Après un décès, les ayants droit peuvent y accéder pour connaître les causes de la mort, défendre la mémoire du défunt ou faire valoir un droit, sauf opposition exprimée de son vivant.

Quels sont les délais, et pourquoi existe-t-il un délai minimum ?

Les informations doivent être communiquées au plus tard dans les huit jours suivant la demande, et au plus tôt après un délai de réflexion de quarante-huit heures. Il y a donc un plancher autant qu'un plafond, ce qui surprend souvent. Ce délai minimum ne vise pas à retarder l'exercice du droit mais à éviter une remise à chaud des documents, dans un moment où leur lecture pourrait déstabiliser. Le plafond passe à deux mois lorsque les informations médicales datent de plus de cinq ans, cette période de cinq ans courant à compter de la date à laquelle l'information a été constituée, et non de la date de la demande. Le même délai de deux mois s'applique lorsque la commission départementale des soins psychiatriques est saisie.

Qu'est-ce qui n'est pas communicable ?

Deux catégories principales échappent à la communication : les notes personnelles du praticien et les informations concernant des tiers. Tout le reste relève du principe d'accès. Le texte est d'ailleurs remarquablement fermé sur ce point : réserve faite du cas où le dossier a été saisi dans le cadre d'une procédure judiciaire, aucune restriction supplémentaire ne peut être apportée par les établissements ou les professionnels, quels qu'en soient les motifs. Une procédure particulière existe néanmoins pour les personnes hospitalisées sans leur consentement : à titre exceptionnel, la consultation peut être subordonnée à la présence d'un médecin désigné par le demandeur en cas de risques d'une gravité particulière. Si le demandeur refuse d'en désigner un, la commission départementale compétente est saisie et son avis s'impose alors aux deux parties.

Que faire en cas de refus ou de dépassement du délai ?

Les délais légaux sont des plafonds, et ils sont dans les faits souvent dépassés, particulièrement dans les grands établissements publics. La première étape recommandée est une relance par lettre recommandée rappelant les textes applicables, ce qui suffit dans bien des cas et constitue par ailleurs une trace utile. Si le blocage persiste, plusieurs voies existent selon le détenteur du dossier : la commission des usagers lorsqu'il s'agit d'un établissement, la commission d'accès aux documents administratifs pour les établissements publics, et, selon les situations, des démarches contentieuses. La consultation sur place est gratuite ; pour les copies, la première est délivrée sans frais en application des règles de protection des données, les reproductions supplémentaires et l'envoi pouvant être facturés.

Pourquoi cette page n'interprète-t-elle pas le contenu d'un dossier ?

Parce qu'une demande de dossier médical intervient fréquemment après un événement mal vécu, et que la question qui l'accompagne est rarement neutre : y a-t-il eu une faute, un retard, une erreur ? Y répondre suppose de confronter des pièces cliniques, une chronologie et des références professionnelles, avec un dossier complet sous les yeux — ce qu'un site n'a pas et ne peut pas avoir. Une réponse produite sans ces éléments risquerait d'inquiéter à tort, ou de rassurer à tort, dans un moment où l'une et l'autre erreur coûtent cher. Cette page se limite donc au cadre : qui peut demander, dans quels délais, ce qui est communicable, et vers qui se tourner en cas de blocage. Pour l'interprétation, un médecin, et le cas échéant un avocat ou une association d'usagers, sont les interlocuteurs adaptés.

Cadre
Loi n° 2002-303 du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé, dite loi Kouchner, posant le principe de l'accès direct ; décret n° 2002-637 du 29 avril 2002 organisant cet accès ; article L. 1111-7 du Code de la santé publique
Titulaires du droit
Toute personne pour les informations concernant sa santé, directement ou par l'intermédiaire d'un praticien qu'elle désigne. Une personne mandatée peut agir en justifiant de son identité et d'un mandat exprès, sans conflit d'intérêts. Les mineurs et les majeurs sous tutelle n'exercent pas ce droit personnellement
Délais
Communication au plus tard dans les 8 jours suivant la demande et au plus tôt après un délai de réflexion de 48 heures. Délai porté à 2 mois lorsque les informations datent de plus de 5 ans, la période de 5 ans courant depuis la date de constitution de l'information, ou lorsque la commission départementale des soins psychiatriques est saisie
Pièces non communicables
Notes personnelles du praticien et informations concernant des tiers. En dehors du cas d'un dossier saisi dans une procédure judiciaire, aucune restriction supplémentaire ne peut être apportée par les établissements ou les professionnels
Hospitalisation sans consentement
À titre exceptionnel, la consultation peut être subordonnée à la présence d'un médecin désigné par le demandeur en cas de risques d'une gravité particulière. En cas de refus de désignation, la commission départementale compétente est saisie et son avis s'impose au détenteur des informations comme au demandeur
Après un décès
Les ayants droit — héritiers légaux ou testamentaires, dont le conjoint, le concubin ou le partenaire de PACS — peuvent accéder au dossier pour connaître les causes de la mort, défendre la mémoire du défunt ou faire valoir un droit, sauf opposition exprimée du vivant de la personne. Cette opposition peut être établie par des éléments concrets et précis sans prendre la forme d'un écrit
Frais
Consultation sur place gratuite. Première copie délivrée sans frais en application des règles de protection des données ; reproductions supplémentaires et envoi susceptibles d'être facturés. Aucun montant n'est publié sur cette page
Recours
Relance par lettre recommandée rappelant les textes · commission des usagers pour un établissement de santé · commission d'accès aux documents administratifs pour les établissements publics · démarches contentieuses selon les situations
Ce que la page ne fait pas
Elle n'interprète aucun contenu de dossier, n'évalue aucune prise en charge, ne se prononce sur l'existence d'aucune faute et ne publie aucun montant
Publié le
27 août 2026
Prochaine révision prévue
février 2027
Vos données
Une date et un choix dans une liste, qui ne quittent pas votre navigateur. Aucune information de santé n'est demandée.
Avertissement. Cette page est informative et générale, et ne constitue pas un conseil juridique. La lecture d'un dossier médical se fait utilement avec un médecin, qui peut en expliquer les pièces.