SA ou SG : pourquoi deux chiffres différents ?
Parce que les deux ne comptent pas à partir du même jour. Les semaines d'aménorrhée partent du premier jour des dernières règles, les semaines de grossesse partent de la conception, survenue environ quatorze jours plus tard. L'écart est donc de deux semaines, dans ce sens : douze semaines d'aménorrhée correspondent à dix semaines de grossesse. En France, les sages-femmes, gynécologues et échographistes comptent en semaines d'aménorrhée, et c'est ce chiffre qui figure sur les comptes rendus et sert aux démarches administratives. Beaucoup d'applications grand public comptent en revanche en semaines de grossesse. C'est la source la plus fréquente de malentendu : une même personne peut lire dix semaines sur son téléphone et s'entendre dire douze en consultation, sans qu'aucun des deux ne se trompe.
40 ou 41 SA : pourquoi les calculateurs ne s'accordent-ils pas ?
Parce que deux conventions coexistent et qu'elles diffèrent d'exactement sept jours. La règle de Naegele, majoritaire dans les pays anglo-saxons, retient deux cent quatre-vingts jours après le premier jour des dernières règles, soit quarante semaines d'aménorrhée. La pratique française retient plutôt deux cent quatre-vingt-sept jours, soit quarante et une semaines. Une même date de dernières règles donne donc deux dates d'accouchement distantes d'une semaine selon l'outil consulté. Le plus révélateur est que plusieurs calculateurs français annoncent la règle de Naegele et ses deux cent quatre-vingts jours en haut de page, puis affirment plus bas que la date présumée correspond à quarante et une semaines. Ils se contredisent à l'intérieur d'une même page, ce qui est le meilleur indice que le chiffre unique n'existe pas.
Mon cycle ne fait pas 28 jours, le calcul tient-il ?
Moins bien, et l'écart est facile à chiffrer. Le calcul suppose un cycle de vingt-huit jours avec une ovulation au quatorzième jour ; quand le cycle est plus long, l'ovulation survient plus tard et la date se décale d'autant. Entre un cycle de vingt et un jours et un cycle de trente-cinq jours, la date obtenue varie de quatorze jours pour une même date de dernières règles. Cet outil applique cet ajustement, mais il faut savoir ce qu'il vaut : il corrige le décalage moyen d'ovulation, pas la variabilité réelle d'un cycle à l'autre. Si vos cycles sont irréguliers, ou si vous ne connaissez pas la date exacte de vos dernières règles, le calcul par les règles devient une approximation grossière et c'est l'échographie qui fera foi.
Pourquoi l'échographie remplace-t-elle ce calcul ?
Parce qu'elle mesure l'embryon au lieu de supposer une date d'ovulation. L'échographie du premier trimestre, réalisée entre onze et treize semaines d'aménorrhée révolues, mesure la longueur cranio-caudale et date la grossesse à environ trois jours près. Cette datation prime sur le calcul à partir des dernières règles, et c'est la date corrigée qui sert ensuite de référence pour tout le suivi. Autrement dit, le résultat de cette page est provisoire par construction : il est fait pour être remplacé. Ce n'est pas un défaut de l'outil mais l'ordre normal des choses, et une correction de quelques jours après l'échographie ne signifie jamais que quelque chose s'est mal passé.
Que valent ces dates en pratique ?
Beaucoup moins qu'elles n'en ont l'air, et les chiffres sont éloquents. Quatre à cinq pour cent des naissances surviennent le jour exact de la date annoncée. Environ soixante pour cent ont lieu dans la semaine qui l'entoure, et environ quatre-vingt-dix pour cent dans les deux semaines. Une naissance est considérée à terme sur un intervalle large, de trente-sept semaines d'aménorrhée révolues à quarante et une semaines et six jours. En France, environ quinze pour cent des grossesses dépassent quarante et une semaines et un pour cent dépassent quarante-deux. Une source de référence en obstétrique va plus loin et reconnaît qu'il n'existe pas de consensus sur la définition même de cette date, la durée de gestation retenue variant de deux cent quatre-vingts à deux cent quatre-vingt-dix jours selon les auteurs.