Que garantit exactement la date de péremption ?
Elle garantit qu'un médicament conservé dans son emballage scellé et dans les conditions prévues reste efficace, sûr et conforme en termes de qualité jusqu'au dernier jour du mois indiqué. Deux précisions comptent. La première est que cette garantie suppose le respect des conditions de conservation figurant sur la notice, à l'abri de la lumière, de l'humidité, de la chaleur et du froid. La seconde est qu'il s'agit d'une garantie apportée par le laboratoire dans un cadre encadré par les autorités, et non d'une prédiction du moment où le produit cesserait d'agir. En France, cette durée est de trente-six mois pour cinquante-huit pour cent des médicaments commercialisés, de dix-huit ou vingt-quatre mois pour trente pour cent d'entre eux, et de cinq ans ou plus pour moins de dix pour cent.
Un médicament périmé est-il dangereux ?
La question de la toxicité et celle de l'efficacité ne se confondent pas, et il vaut mieux les séparer. Sur le premier point, une société savante de pneumologie indique qu'aucun rapport ne fait état d'une toxicité humaine due à l'ingestion, à l'injection ou à l'application topique d'un médicament actuel après sa date de péremption. Sur le second, la position officielle est qu'au-delà de cette date, l'efficacité et la sécurité ne peuvent plus être garanties. Ces deux énoncés ne se contredisent pas : l'un rapporte une absence de signalements, l'autre une fin de garantie. Il faut y ajouter un troisième élément qui ne concerne ni l'un ni l'autre : une fois le conditionnement ouvert, le risque de contamination microbienne devient un sujet distinct, dont la date de péremption ne parle pas.
Pourquoi la date ne vaut-elle plus après ouverture ?
Parce qu'elle a été établie pour un emballage scellé, et que l'ouverture change les conditions. Les sources professionnelles sont explicites : la date de péremption n'est valable que pour un produit non ouvert, et un produit entamé se conserve beaucoup moins longtemps. Un flacon de sirop ou un tube de pommade ne devraient généralement plus être utilisés au-delà d'une trentaine de jours après ouverture. Les collyres sont le cas le plus frappant : la plupart s'utilisent au maximum vingt-huit jours après la première utilisation, même si la date imprimée sur l'emballage n'est pas atteinte, et les collyres sans conservateur ont une durée encore plus courte. La durée applicable après ouverture figure dans la notice, et le réflexe utile consiste à noter la date d'ouverture sur la boîte.
Faut-il allonger les dates de péremption ?
La question est posée publiquement, et cette page ne la tranche pas. Une question écrite déposée à l'Assemblée nationale relève que plusieurs études européennes et américaines portant sur des médicaments très utilisés — paracétamol, pommades pédiatriques, sérum physiologique — ainsi que sur des antibiotiques régulièrement en rupture comme l'amoxicilline, ont montré qu'ils contenaient souvent plus de quatre-vingt-dix pour cent de principe actif après leur date de péremption, parfois plusieurs années au-delà. La réponse officielle rappelle de son côté que la date garantit la qualité et l'efficacité jusqu'au dernier jour du mois indiqué, et qu'au-delà elles ne peuvent plus être garanties. Les deux propositions sont exactes et ne portent pas sur la même chose : l'une décrit une mesure, l'autre une garantie.
Que faire des médicaments périmés ou non utilisés ?
Les rapporter en pharmacie, où ils sont repris gratuitement dans le cadre du dispositif de collecte national. Il convient de les rendre sans leurs emballages en carton, qui relèvent du tri ordinaire, mais avec leurs plaquettes, flacons et tubes. Les seringues usagées et certains dispositifs médicaux ne suivent pas ce circuit et doivent être déposés dans les points de collecte spécialisés proposés notamment par les pharmacies. Trois destinations sont à exclure sans exception : la poubelle ordinaire, les toilettes et l'évier, qui conduisent ces substances dans l'environnement. Un tri régulier de l'armoire à pharmacie a par ailleurs un intérêt pratique, celui d'éviter de se retrouver un soir devant une boîte entamée dont personne ne sait quand elle a été ouverte.