Ce sont les premières minutes qui décident de la suite : refroidir tôt
limite la profondeur, calme la douleur et réduit la cicatrice. Tout le reste — pansements,
crèmes — vient après. Et le beurre, lui, emprisonne la chaleur.
Eau tempérée, pas glacéeAucun corps grasNe pas percerMoins de douleur ≠ moins grave
Mis à jour le 11 septembre 2026
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Appelez le 15 ou le 112 si la brûlure est étendue — de l'ordre
d'un dixième de la surface du corps ou plus —, si elle touche le visage, les mains, les
articulations ou les parties génitales, si les voies respiratoires ont pu être atteintes
(fumée, vapeur), ou en cas de brûlure électrique ou chimique. En attendant, commencez à
refroidir.
Refroidir tout de suite, à l'eau tempérée, tant que ça fait mal.
Le secourisme retient le moyen mnémotechnique des « trois 15 » : une eau autour de
15 °C, un jet tenu à 15 cm, pendant 15 minutes. Les sources officielles
parlent plutôt d'un quart d'heure à vingt minutes, ou tant que la brûlure reste
douloureuse — c'est ce dernier repère qui compte le plus, parce qu'il s'adapte à la
brûlure que vous avez sous les yeux.
Les six gestes qui aggravent
Glacegelure par-dessus la brûlure
Beurre, huileemprisonnent la chaleur
Miel, dentifricemême mécanisme, plus l'infection
Percer la cloqueouvre la porte aux germes
Coton hydrophileles fibres collent à la plaie
Souffler dessusapporte des germes
Le point commun des corps gras : ils isolent. Sous la couche, la chaleur
continue son travail et la brûlure s'approfondit — exactement l'inverse de ce qu'on
cherchait. Ils compliquent en plus l'examen ensuite, et il faudra les retirer.
Évaluer la situation
Commencez par
refroidir, puis lisez. Cette page ne remplace pas un examen : elle situe entre soins à
domicile, consultation et appel au 15.
Ce qu'il faut faire
Le piège de la douleur
Moins ça fait mal, plus c'est inquiétant
La douleur vient des terminaisons nerveuses de la peau. Quand la brûlure est profonde,
ces terminaisons sont détruites — et la zone devient peu ou pas douloureuse. Une brûlure
blanchâtre, cartonnée, étonnamment supportable, est donc plus grave qu'une rougeur
cuisante, pas moins.
C'est le contraire de l'intuition, et c'est la raison pour
laquelle certaines brûlures profondes sont amenées trop tard : personne n'a crié.
Dernière révision du contenu : 11 septembre 2026.
L'ordre des gestes
Refroidir immédiatement, à l'eau tempérée et à faible
pression, sans diriger le jet directement sur la lésion. Tant que c'est douloureux.
Retirer ce qui n'adhère pas — vêtements, bagues, montre,
bracelets — avant que la zone ne gonfle. Si un tissu colle à la peau, on ne tire
pas : on refroidit par-dessus.
Arrêter le refroidissement si la personne se met à avoir
froid ou à frissonner. Le risque d'hypothermie est réel, surtout chez l'enfant et sur une
grande surface : on ne refroidit que la zone brûlée, et on couvre le reste du
corps.
Couvrir avec un linge propre et sec en coton, ou un
pansement non adhérent. Rien d'autre dessus.
Ne rien donner à boire ni à manger si une prise en charge
hospitalière est possible.
Brûlure chimique : rincer abondamment et longuement, en retirant les
vêtements imprégnés. Une exception importante : certains produits réagissent
violemment à l'eau. Si vous connaissez le produit, dites-le en appelant — l'emballage, s'il
est disponible, est l'information la plus utile que vous puissiez donner.
Après, et souvent oublié
Vérifiez votre protection contre le tétanos. Une brûlure est une porte
d'entrée, et c'est l'occasion de vérifier où vous en êtes de vos rappels — voir la page
consacrée aux vaccins de l'adulte.
Protégez la cicatrice du soleil pendant les mois qui suivent : une
peau neuve exposée pigmente durablement. Une protection très élevée sur la zone, et
l'ombre quand c'est possible.
Surveillez l'infection : rougeur qui s'étend, chaleur, douleur qui
augmente au lieu de diminuer, écoulement, fièvre. Cela justifie un avis, même pour une
brûlure jugée banale au départ.
Pas de maquillage ni de cosmétique sur une zone en cours de
cicatrisation.
Une brûlure d'apparence banale qui ne guérit pas en une petite semaine
mérite d'être revue — le délai attendu est court pour les formes superficielles.
Chez l'enfant, l'accident domestique domine : liquides chauds, four,
plaques, eau du bain. Les quelques degrés en moins sur le chauffe-eau font plus pour la
prévention que n'importe quelle surveillance.
Questions fréquentes
Pourquoi pas de glace ni d'eau glacée ?
Parce que le froid extrême abîme à son tour les tissus déjà fragilisés : il réduit la circulation locale et expose à une lésion de type gelure par-dessus la brûlure. Sur une surface étendue, il fait aussi chuter la température du corps. L'objectif n'est pas de produire du froid mais d'évacuer la chaleur, et l'eau tempérée le fait mieux — sans ajouter un second traumatisme.
Pourquoi le beurre ou l'huile aggravent-ils ?
Parce qu'ils forment une couche isolante qui emprisonne la chaleur au lieu de la laisser partir : la brûlure continue de progresser en profondeur sous le corps gras. Ils gênent aussi l'examen médical ensuite, et il faudra les retirer, ce qui n'est agréable pour personne. Le remède de grand-mère est ici exactement contre-productif — et cela vaut pour le miel, le dentifrice et les crèmes grasses.
Faut-il percer les cloques ?
Non, jamais, même les petites. La cloque est une barrière naturelle stérile qui protège la peau en train de se reconstruire dessous. La percer ouvre une porte aux germes et ralentit la cicatrisation. Si elle se rompt seule, on ne retire pas la peau qui la recouvre : on protège avec un pansement non adhérent.
Une brûlure qui fait moins mal est-elle moins grave ?
C'est l'inverse, et c'est le piège le plus dangereux du sujet. La douleur vient des terminaisons nerveuses de la peau : quand la brûlure est profonde, ces terminaisons sont détruites, et la zone devient peu ou pas douloureuse. Une brûlure blanchâtre ou cartonnée, peu sensible, est donc à prendre plus au sérieux qu'une rougeur très douloureuse — pas moins.
Que faire si un vêtement est collé à la peau ?
On ne tire pas. Retirer un tissu adhérent arrache la peau avec lui et aggrave la lésion. On refroidit par-dessus, à l'eau tempérée, et on laisse les secours ou le médecin s'en occuper. En revanche, tout ce qui n'adhère pas — vêtements, bagues, montre, bracelets — se retire immédiatement, avant que la zone ne gonfle et ne rende l'opération impossible.
Premier geste
Refroidir précocement à l'eau tempérée, à faible pression, tant que la brûlure est douloureuse ; les sources officielles situent la durée entre un quart d'heure et vingt minutes
Moyen mnémotechnique
La règle des « trois 15 » du secourisme : eau autour de 15 °C, jet à 15 cm, 15 minutes
Hypothermie
Refroidir seulement la zone brûlée et interrompre si la personne se refroidit, particulièrement chez l'enfant et sur les grandes surfaces
À ne jamais appliquer
Glace ou eau glacée, corps gras, miel, dentifrice, coton hydrophile ; ne pas percer les cloques
Appel au 15 ou 112
Brûlure étendue, visage, mains, articulations, parties génitales, voies respiratoires, origine électrique ou chimique
Signe trompeur
Une brûlure profonde est peu douloureuse, les terminaisons nerveuses étant détruites
Ce que cette page ne fait pas
Elle ne publie aucune image clinique, ne nomme aucun produit et ne remplace pas l'examen de la brûlure
Publié le
11 septembre 2026
Prochaine révision
mars 2027
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Avis. Page informative. La profondeur d'une brûlure s'apprécie sur la peau
elle-même et évolue dans les premiers jours : en cas de doute, le 15 répond à toute
heure.