Faut-il forcément traiter ?
Non, et c'est l'une des rares situations où l'abstention est explicitement proposée comme option. Les verrues cutanées régressent le plus souvent seules dans les deux ans : l'abstention peut donc se justifier dès lors que le préjudice esthétique est accepté. La décision de traiter dépend surtout de la gêne — localisation, douleur, nombre — et non de la présence de la lésion en elle-même.
Les traitements sont-ils efficaces ?
Modérément, et il faut le savoir avant de commencer. Les deux approches les plus utilisées guérissent environ une personne sur deux. Surtout, aucun traitement n'élimine le virus, qui persiste autour de la zone traitée : les récidives sont fréquentes. Les sources dermatologiques nomment d'ailleurs explicitement le découragement que cela provoque — mieux vaut donc partir avec cette information qu'avec l'idée d'une solution définitive.
Existe-t-il une méthode meilleure que les autres ?
Non : il n'existe aucune preuve qu'une méthode soit plus fiable qu'une autre, et aucune recommandation n'encadre le traitement des verrues. C'est inhabituel en médecine, et cela explique la diversité des pratiques rencontrées. L'efficacité varie fortement d'une personne à l'autre et d'une verrue à l'autre — ce qui rend les témoignages peu transposables, quel que soit leur enthousiasme.
Faut-il traiter les verrues d'un jeune enfant ?
Plutôt pas, sauf gêne réelle. Les sociétés savantes mettent en garde contre le surtraitement des jeunes enfants, les thérapies pouvant être douloureuses alors que la moitié des verrues disparaît en un à deux ans. Avant deux ans, il est préférable d'attendre la guérison spontanée. Une exception nette : une verrue plantaire qui gêne la marche ou le sport se traite sans attendre.
Quand faut-il consulter sans attendre ?
Quatre situations. Une verrue plantaire qui gêne la marche ; un enfant immunodéprimé, chez qui la guérison spontanée ne doit pas être attendue ; et surtout, chez l'adulte, des lésions plantaires ou situées autour d'un ongle qui sont ulcérées et prennent l'aspect d'une verrue — elles imposent un examen dermatologique pour écarter un cancer cutané, dont la prise en charge est radicalement différente. Enfin, des lésions sur le visage chez un adolescent qui commence à se raser méritent un avis préalable.