Peut-on avaler sa langue pendant une crise ?
Non, c'est anatomiquement impossible — et c'est la croyance qui cause le plus de blessures dans ce domaine. Introduire un objet, une cuillère ou ses doigts dans la bouche expose à trois conséquences bien réelles : l'étouffement sur l'objet lui-même, des dents cassées, et des doigts sérieusement mordus. La personne peut se mordre la langue pendant la crise, mais elle ne peut pas l'avaler, et rien de ce que vous feriez n'empêcherait la morsure.
Faut-il maintenir la personne pour arrêter les secousses ?
Non, et cela ne marcherait pas : aucune contrainte n'interrompt une crise. Immobiliser expose en revanche à des blessures — luxations, contusions, chez elle comme chez vous. Le principe est l'inverse de l'intuition : on laisse la crise suivre son cours, et on s'occupe uniquement de ce qu'il y a autour. Écarter une table basse est plus utile que tenir un bras.
Quand mettre la personne sur le côté ?
Après la crise, pas pendant. Pendant les convulsions, elle ne resterait pas dans la position et la manipulation risquerait de la blesser — l'objectif du moment est seulement de protéger. Dès que les secousses cessent, en revanche, la position latérale devient utile : elle garde les voies aériennes libres pendant la phase de récupération, qui peut durer plusieurs minutes.
Faut-il appeler le 15 à chaque crise ?
Non, et c'est une nuance importante : si la personne est épileptique connue et que la crise est habituelle, sans complication, l'appel n'est pas nécessaire. Il le devient devant une première crise, une crise convulsive qui dépasse cinq minutes, une deuxième crise avant reprise de conscience, une absence de reprise de conscience, une confusion qui se prolonge, une blessure, une grossesse, un diabète — et toujours si la crise est survenue dans l'eau.
Pourquoi une crise dans l'eau change-t-elle tout ?
Parce que l'eau inhalée pendant les secousses peut provoquer des complications respiratoires et cardiaques qui apparaissent à retardement. C'est la raison pour laquelle une crise survenue dans l'eau justifie un appel et une évaluation médicale même si la personne semble avoir parfaitement récupéré. Sur le moment, le geste est de maintenir sa tête hors de l'eau sans chercher à la sortir seul si c'est risqué.