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Risque

Fracture

Le geste utile n'est pas de réparer quelque chose : c'est d'empêcher que la situation ne s'aggrave entre l'accident et l'hôpital. On immobilise dans la position où l'on trouve le membre — même si elle paraît anormale, surtout si elle paraît anormale.

Ne pas réaligner Position trouvée Surveiller les extrémités Dos ou cou : ne pas bouger
Mis à jour le 11 septembre 2026

Ne déplacez pas la personne si elle a mal au dos ou au cou, ou si elle n'arrive pas à bouger ses doigts ou ses orteils : ces éléments évoquent une atteinte de la colonne, et la mobiliser expose à une paralysie. Appelez le 15, le 18 ou le 112 — le 114 par SMS — et restez auprès d'elle.

On n'immobilise pas pour soigner. On immobilise pour ne pas aggraver.

Rien de ce que vous ferez ne réparera l'os. Tout ce que vous ferez peut, en revanche, empêcher que des vaisseaux, des nerfs ou la peau ne soient lésés par un fragment qui bouge. C'est une différence de but qui change tous les gestes.

Les deux tentations
Remettre dans l'axe

Un membre déformé donne une envie presque irrésistible de le redresser. Le réaligner peut léser les vaisseaux et les nerfs au niveau du foyer de fracture, et transformer une fracture simple en fracture compliquée.

L'installer plus confortablement

Déplacer quelqu'un « pour qu'il soit mieux » est le second réflexe. En présence d'une douleur au dos ou au cou, c'est le geste qui peut coûter le plus cher — et le confort ne le justifie jamais.

Les deux partent d'une bonne intention, et c'est ce qui les rend si difficiles à retenir. La consigne est passive, et elle demande un effort : rester près de la personne, lui parler, et ne pas la toucher.

Votre situation

Cette page ne distingue pas une fracture d'une entorse — seule une radiographie le fait. Elle indique la conduite prudente, qui est la même dans les deux cas.

Ce qu'il faut surveiller, et qu'on oublie

Les extrémités, au-delà de la blessure

Un gonflement qui s'installe, ou un fragment qui appuie, peuvent comprimer les vaisseaux et les nerfs. Trois choses se vérifient facilement, et se re-vérifient régulièrement :

  • la couleur des doigts ou des orteils — pâleur, teinte bleutée
  • la sensibilité — demandez si votre contact est perçu
  • la mobilité — un petit mouvement des doigts ou des orteils, sans forcer

Tout changement se signale sans attendre. Et si une chaussure ne peut pas être retirée, délacez-la au minimum : le gonflement la transforme en garrot involontaire.

Dernière révision du contenu : 11 septembre 2026.

Selon la zone

Membre supérieurUne écharpe suffit souvent à soutenir le bras contre le corps. Le pull du blessé peut en tenir lieu, en retournant le bas autour du membre — il n'y a pas besoin de matériel.
Membre inférieurImmobilisez en attendant les secours, ou contentez-vous de l'immobilité si vous n'avez rien : ne pas bouger vaut mieux qu'une attelle improvisée mal posée.
Dos, cou, bassinAucune mobilisation. On maintient l'axe tête-cou-tronc, on reste auprès de la personne et on attend une équipe équipée pour le relevage.
Fracture ouverteCouvrez d'un tissu propre sans rien retirer et sans laver. Si ça saigne, la compression se fait à distance de la plaie, jamais dessus.
Pour voir la peau, découpez plutôt que de déshabiller. Repérer une plaie change la conduite, mais retirer un vêtement suppose souvent de mobiliser le membre : des ciseaux règlent le problème sans rien bouger.

En attendant les secours

Questions fréquentes

Faut-il remettre le membre dans l'axe ?

Non, jamais. Chercher à réaligner un membre déformé peut léser des vaisseaux et des nerfs qui se trouvent au niveau du foyer de fracture, et transformer une fracture simple en fracture compliquée. On immobilise dans la position où l'on trouve le membre, telle quelle, même si elle paraît anormale — c'est précisément là que la tentation est la plus forte et l'erreur la plus coûteuse.

Une fracture ouverte qui saigne : faut-il comprimer la plaie ?

Non, et c'est l'exception à tout ce qu'on sait par ailleurs sur les saignements. Appuyer directement sur une plaie qui laisse voir un foyer de fracture risque d'aggraver la lésion. La compression se fait à distance de la plaie, et le reste — couvrir avec un tissu propre, ne rien retirer, ne rien laver — attend les secours. Signalez-le clairement au téléphone : cela change la conduite qu'on vous indiquera.

Comment savoir si c'est une fracture ou une entorse ?

Vous ne pouvez pas trancher, et ce n'est pas votre rôle : seule une radiographie le fait. Certains éléments orientent — une déformation visible, un craquement entendu, l'impossibilité totale de poser le pied ou de se servir du membre — mais une entorse grave peut faire aussi mal qu'une fracture, et une fracture peut rester discrète. La conduite prudente est la même dans les deux cas : immobiliser et faire examiner.

Que faut-il surveiller en attendant les secours ?

Les extrémités, au-delà de la zone blessée : la couleur des doigts ou des orteils, leur sensibilité, et la possibilité de les bouger un peu. Un changement signale une compression des vaisseaux ou des nerfs et doit être signalé sans attendre. Pensez aussi à délacer une chaussure que vous ne pouvez pas retirer : le gonflement qui s'installe la transforme en garrot involontaire.

Peut-on déplacer la personne pour l'installer mieux ?

Pas si une douleur au dos ou au cou existe, ni si elle n'arrive pas à bouger ses doigts ou ses orteils — ces éléments évoquent une atteinte de la colonne et le déplacement expose à une paralysie. Dans ces cas, on reste auprès d'elle, on la rassure, on lui demande de ne pas bouger, et on attend. Le confort passe après, et il ne justifie jamais une mobilisation.

Geste principal
Immobiliser et interdire toute mobilisation du membre atteint, dans la position où il a été trouvé
À ne pas faire
Chercher à réaligner un membre déformé ; déplacer une personne se plaignant du dos ou du cou
Atteinte médullaire possible
Impossibilité de bouger les doigts ou les orteils : ne pas mobiliser, maintenir l'axe tête-cou-tronc
Fracture ouverte qui saigne
La compression directe sur la plaie risque d'aggraver la lésion : elle se pratique à distance
Immobilisation
Membre supérieur : écharpe, le vêtement du blessé pouvant servir. Membre inférieur : attelle ou simple immobilité
Surveillance
Coloration, sensibilité et mobilité des doigts ou des orteils, contrôlées régulièrement ; délacer une chaussure qui ne peut être retirée
Alerte
15, 18, 112, ou 114 par SMS
Ce que cette page ne fait pas
Elle ne distingue pas une fracture d'une entorse — seule une radiographie le fait — et ne nomme aucun médicament
Publié le
11 septembre 2026
Prochaine révision
mars 2027
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Avis. Page informative. L'immobilisation d'un blessé et son relevage s'apprennent en pratique ; en attendant les secours, le régulateur du 15 ou du 18 vous guide.