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Risque

Hémorragie

Trois gestes, dans cet ordre : comprimer, allonger, alerter. Et une règle que le réflexe naturel contredit — on ne relâche jamais la compression pour regarder, et on n'enlève jamais un pansement imbibé.

Comprimer · allonger · alerter Ne pas relâcher Ajouter par-dessus Garrot : noter l'heure
Mis à jour le 11 septembre 2026

Comprimez immédiatement l'endroit qui saigne avec votre main, allongez la personne, et faites appeler le 15 ou le 18. Ne perdez pas de temps à chercher un pansement : la main sur la plaie est le premier geste, tout de suite.

Les trois gestes, dans l'ordre
ComprimerDirectement sur l'endroit qui saigne, avec la main, à travers les vêtements écartés si nécessaire. La compression doit être assez forte pour arrêter le saignement — c'est son seul critère d'efficacité.
AllongerLa position allongée retarde ou empêche l'installation d'une détresse liée à la perte de sang. C'est un geste simple, souvent oublié, et qui compte autant que la compression.
AlerterFaites appeler le 15 ou le 18 par quelqu'un d'autre. Si vous êtes seul, relayez d'abord la compression — par un pansement compressif, ou par la main de la victime elle-même si elle est consciente — puis appelez en haut-parleur.
Protégez-vous du contact avec le sang si vous disposez de gants, sans que leur absence ne vous fasse hésiter. Lavez-vous les mains ensuite, et retirez les vêtements souillés dès que possible.
Ne relâchez pas pour vérifier. N'enlevez pas un pansement imbibé.

Relâcher, même quelques secondes, interrompt le caillot en train de se former : le saignement repart à zéro. Si le sang traverse, on ajoute par-dessus et on reprend la compression au même endroit. Le pansement imbibé reste en place jusqu'à la prise en charge médicale.

Votre situation

Si un saignement est en cours, comprimez d'abord. Ce formulaire sert à savoir quoi faire ensuite, ou à préparer.

Le garrot, et la peur qui l'entoure

Ses risques sont largement surestimés

Cette surestimation coûte plus cher que le garrot lui-même. Il est indiqué quand la compression ne suffit pas, quand la plaie est inaccessible, quand elle contient un corps étranger visible, ou en cas de fracture ouverte avec os apparent.

Une fois posé :

  • sur le membre, entre la plaie et le cœur, au plus près de la racine du membre
  • serré jusqu'à l'arrêt complet du saignement — un garrot qui laisse suinter est un garrot mal serré
  • notez l'heure de pose, de façon visible : sur la peau, sur le garrot, sur un papier fixé dessus
  • ne le couvrez pas — il doit rester visible pour l'équipe médicale
  • ne le desserrez jamais : seule l'équipe médicale peut le faire, un relâchement libérant d'un coup des substances accumulées dans le membre
Les zones non garrotables — cou, aisselle, aine, tronc — ne permettent pas cette solution. La compression y reste le geste principal, et les secouristes disposent de pansements spécifiques qui accélèrent la coagulation.

Dernière révision du contenu : 11 septembre 2026.

Ce que la France n'enseigne plus

Les points de compression

Comprimer une artère à distance de la plaie — sur le cou, sous la clavicule, au pli de l'aine — a longtemps été enseigné. Ce n'est plus le cas en France depuis les référentiels de 2007 : ces points sont difficiles à localiser, plus difficiles encore à maintenir efficacement, et leur efficacité réelle s'est avérée limitée.

Si vous avez suivi une formation ancienne, ce n'est pas un détail de vocabulaire : la conduite actuelle repose sur la compression directe, le pansement compressif et le garrot. C'est une bonne raison de remettre à jour une formation qui date.

Surveiller, et les formes qu'on ne voit pas

Questions fréquentes

Faut-il soulever le pansement pour voir si ça saigne encore ?

Non, jamais. Relâcher la compression, même quelques secondes, interrompt le caillot en train de se former et fait repartir le saignement à zéro. Si le sang traverse le pansement, on n'enlève rien : on ajoute par-dessus et on reprend la compression manuelle au même endroit. Le pansement imbibé reste en place jusqu'à la prise en charge médicale — c'est le contraire du réflexe de « vérifier ».

Le garrot est-il dangereux ?

Ses risques sont largement surestimés, et cette surestimation coûte plus cher que le garrot lui-même. Il est indiqué quand la compression ne suffit pas, quand la plaie est inaccessible, quand elle contient un corps étranger visible, ou en cas de fracture ouverte avec os apparent. Deux règles absolues une fois posé : noter l'heure de façon visible, et ne jamais le desserrer — seule l'équipe médicale peut le faire, car un relâchement libère d'un coup des substances accumulées dans le membre.

Et les points de compression appris autrefois ?

Ils ne sont plus enseignés en France depuis les référentiels de 2007. La raison est pratique : ils sont difficiles à localiser et surtout à maintenir efficacement, et leur efficacité réelle s'est avérée limitée. Si vous les avez appris dans une formation ancienne, ce n'est pas un détail : la conduite actuelle repose sur la compression directe, le pansement compressif et le garrot.

Que faire si je suis seul avec la victime ?

Il faut pouvoir libérer une main pour appeler. Relayez donc votre compression par un pansement compressif si vous en avez un, ou — solution souvent oubliée — par la main de la victime elle-même, si elle est consciente. Puis appelez le 15 ou le 18 en haut-parleur, sans cesser de surveiller. Allonger la victime avant d'appeler fait aussi partie des gestes qui gagnent du temps.

Quels signes montrent que ça s'aggrave ?

Des sueurs abondantes, une sensation de froid et une pâleur intense signent une aggravation circulatoire — le corps compense la perte de sang. Ce sont des éléments à signaler immédiatement au régulateur, car ils changent l'urgence. Protégez aussi la personne du froid et parlez-lui régulièrement : c'est utile pour elle, et cela vous permet de repérer une altération de sa conscience.

Conduite
Comprimer immédiatement à la main l'endroit qui saigne, allonger la victime, faire alerter le 15 ou le 18
Compression
Ne jamais relâcher pour vérifier ; si le saignement traverse, reprendre la compression par-dessus le pansement sans le retirer
Sauveteur seul
Relayer la compression par un pansement compressif ou par la main de la victime elle-même avant d'alerter
Garrot
Indiqué si la compression échoue, si la plaie est inaccessible ou contient un corps étranger visible, ou en cas de fracture ouverte ; heure de pose notée et visible, jamais recouvert, jamais desserré sans avis médical
Zones non garrotables
Cou, aisselle, aine, tronc : compression et pansements spécifiques utilisés par les secouristes
Technique abandonnée
Les points de compression ne sont plus enseignés en France depuis les référentiels de 2007
Signes d'aggravation
Sueurs abondantes, sensation de froid, pâleur intense
Ce que cette page ne fait pas
Elle ne remplace pas une formation aux gestes de secours, seule capable de faire acquérir le geste
Publié le
11 septembre 2026
Prochaine révision
mars 2027
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Avis. Page informative. Les gestes décrits ici s'apprennent en pratique, sur quelques heures ; en situation réelle, c'est le 15 ou le 18 qui guide.