Qu'est-ce que le radon, et pourquoi s'en préoccuper ?
Un gaz radioactif naturel, incolore et inodore, issu de la désintégration de l'uranium et du thorium présents dans les roches du sol. Il s'infiltre dans les bâtiments par le sous-sol et s'y accumule quand la ventilation est insuffisante. En plein air sa concentration dépasse rarement dix becquerels par mètre cube ; à l'intérieur d'un bâtiment situé sur un terrain favorable, elle peut atteindre plusieurs milliers. Classé cancérogène certain pour l'homme depuis la fin des années mille neuf cent quatre-vingt, il est considéré en France comme la deuxième cause de cancer du poumon après le tabac, avec environ trois mille décès par an, soit près d'un cancer du poumon sur dix. Et pourtant, selon un baromètre de deux mille vingt-trois, moins d'un Français sur trois en a déjà entendu parler.
Ma commune est en zone 3 : mon logement est-il à risque ?
Le zonage ne répond pas à cette question, et c'est le malentendu le plus répandu sur le sujet. Il décrit un potentiel géologique à l'échelle de la commune, pas une mesure dans votre habitation. Les chiffres le montrent dans les deux sens : en zone à potentiel significatif, plus de dix pour cent des bâtiments dépassent le niveau de référence — ce qui signifie que près de quatre-vingt-dix pour cent ne le dépassent pas. À l'inverse, un logement situé en zone à potentiel faible peut très bien afficher une concentration élevée, selon son mode de construction, son sous-sol et sa ventilation. Deux maisons voisines peuvent donner des résultats très différents. La seule façon de savoir est de mesurer, et aucune carte ne s'y substitue.
Pourquoi 300 becquerels en France quand l'Organisation mondiale de la santé recommande 100 ?
Parce que ce ne sont pas deux réponses à la même question. Le niveau de référence français et européen, fixé à trois cents becquerels par mètre cube en moyenne annuelle depuis deux mille dix-huit, est un seuil de déclenchement d'actions correctives, pensé pour être atteignable dans le parc existant. La valeur de cent recommandée par l'Organisation mondiale de la santé est un objectif sanitaire, au-delà duquel le risque de cancer du poumon augmente déjà. L'écart d'un facteur trois est réel et il ne doit pas être lu comme une contradiction, d'autant que la formulation officielle française va dans le même sens que l'Organisation mondiale de la santé : il est recommandé de rester sous trois cents becquerels et, plus généralement, au niveau le plus bas raisonnablement possible. Autrement dit, trois cents est un plafond, pas une cible.
Comment mesure-t-on, et à quel moment ?
Avec des dosimètres passifs laissés en place deux mois, et la période compte autant que la durée. La mesure doit être réalisée pendant la période de chauffe, entre la mi-septembre et la fin avril, parce qu'un logement aéré en été donnerait un résultat trompeusement bas. Les détecteurs se placent dans les pièces de vie occupées les plus basses du logement, séjour et chambres, avec au minimum deux détecteurs, davantage selon la surface. Le résultat obtenu est une moyenne sur la période, ce qui est précisément l'information utile : le risque dépend de la durée d'exposition, pas d'un pic ponctuel. Une mesure faite hors saison de chauffe, ou sur quelques jours, n'a pas la même valeur et peut conduire à se croire à tort en dessous du niveau de référence.
Que faire si le niveau mesuré est élevé ?
Commencer par ce qui ne coûte rien : aérer et ventiler. Le radon s'accumule quand l'air ne circule pas, et les gestes de base consistent à ne pas obstruer les entrées et sorties d'air existantes et à les nettoyer régulièrement. Au-delà, des solutions techniques existent pour traiter l'étanchéité du plancher bas et améliorer le renouvellement de l'air, et il devient utile de se faire accompagner. Le niveau de trois cents becquerels par mètre cube déclenche des actions correctives ; celui de mille becquerels appelle une intervention sans délai. Un point mérite d'être connu des fumeurs : le risque lié au radon est multiplié par trois chez eux, les deux expositions se cumulant. Les renseignements peuvent être demandés à la commune, à l'agence régionale de santé ou à la direction régionale de l'environnement.