Que disent exactement les repères français ?
Ils tiennent en trois phrases, arrêtées par un avis d'experts du quatre mai deux mille dix-sept organisé par Santé publique France et l'Institut national du cancer. Ne pas consommer plus de dix verres standard par semaine. Ne pas dépasser deux verres standard par jour. Avoir des jours sans consommation dans la semaine. Le slogan diffusé à partir de deux mille dix-neuf les résume ainsi : pour votre santé, l'alcool c'est maximum deux verres par jour, et pas tous les jours. Un quatrième repère, moins connu, s'y ajoute pour les occasions ponctuelles : ne pas dépasser quatre verres lors d'une même occasion, afin de limiter les complications liées aux alcoolisations aiguës. Ces repères sont formulés pour les adultes, et de façon identique pour les femmes et les hommes.
Dix verres par semaine, est-ce « sans risque » ?
Non, et ce sont les sources officielles elles-mêmes qui le disent le plus clairement. L'Assurance Maladie écrit qu'il n'existe pas de seuil de consommation qui permettrait à coup sûr de limiter les risques pour la santé tout au long de la vie. Le repère n'est donc pas une frontière entre l'inoffensif et le dangereux : c'est le niveau auquel un groupe d'experts a estimé le risque acceptable, tout en affirmant qu'aucun niveau n'est nul. Santé publique France ajoute que les effets protecteurs de l'alcool, minimes et très sélectifs, sont réduits à néant par ses effets délétères, et une étude internationale publiée en deux mille dix-huit va dans le même sens. Ces deux affirmations ne se contredisent pas : elles décrivent une convention posée sur un risque continu.
Pourquoi un repère unique pour les femmes et les hommes ?
Par choix de simplicité, et la société savante concernée en assume ouvertement le coût. Elle relève que le risque absolu de mortalité attribuable à l'alcool augmente plus rapidement chez les femmes : le seuil de un pour cent de risque vie entière est atteint dès quinze grammes par jour chez les femmes, contre vingt-cinq grammes chez les hommes. Or le repère quotidien retenu, deux verres standard, correspond à vingt grammes — c'est-à-dire au-dessus du premier de ces deux repères et en dessous du second. Un même chiffre ne représente donc pas le même niveau de risque selon le sexe. Ce n'est pas une erreur mais un arbitrage documenté, entre la précision d'un message et sa mémorisation par le public.
Qu'est-ce qu'un verre standard ?
Une quantité de boisson contenant dix grammes d'alcool pur, ce qui correspond en France à ce qui est servi dans un café ou un restaurant. La notion est utile précisément parce qu'elle ne dépend pas du type de boisson : un verre de vin servi au restaurant et un demi de bière représentent, à peu près, la même dose d'alcool pur. Elle devient en revanche trompeuse à domicile, où les verres sont généralement plus grands et remplis plus généreusement que les mesures servies en établissement — un même contenant peut alors représenter deux verres standard ou davantage. Dix verres standard par semaine correspondent à moins de cent grammes d'alcool pur, ce qui donne un ordre de grandeur plus stable que le décompte des contenants.
Où s'adresser pour faire le point ?
Auprès d'Alcool Info Service, le service public dédié, qui propose des informations, un questionnaire d'évaluation mis au point par Santé publique France, des espaces d'échange et une aide à distance, ainsi qu'auprès de votre médecin traitant. Aucun de ces recours ne suppose d'avoir un problème constitué : ils servent aussi à faire le point sans étiquette. C'est utile de le préciser parce que la question se pose souvent à des personnes qui ne se reconnaissent dans aucune situation extrême, et que près d'un quart des dix-huit à soixante-quinze ans dépassaient ces repères lors de la dernière grande enquête. Enfin, un point sur lequel la recommandation française ne comporte aucune nuance : pendant la grossesse, la consommation recommandée est de zéro.