Pourquoi cette page ne classe-t-elle pas l'IMC de mon enfant ?
Pour deux raisons indépendantes, dont chacune suffirait. La première tient au droit : les courbes de corpulence utilisées en France sont déposées à l'Institut national de la propriété industrielle, et leur reproduction en dehors d'un usage clinique nécessite une autorisation préalable de la direction générale de la santé. Nous n'allons pas les recopier. La seconde tient à la vérifiabilité : les seuils internationaux dits IOTF, également utilisés en France pour définir l'obésité, dérivent de tables de paramètres statistiques que nous ne sommes pas en mesure de vérifier ligne à ligne. Publier une table approximative pour la corpulence d'un enfant produirait soit une fausse alerte, soit une fausse réassurance, et les deux causent du tort. Cette page calcule donc l'indice, qui est une simple division, et laisse le classement à la courbe du carnet de santé.
Qu'est-ce que le rebond d'adiposité ?
C'est la remontée de la courbe d'IMC qui survient normalement vers l'âge de six ans, et l'âge auquel elle se produit est l'un des marqueurs les plus utiles du suivi. La corpulence d'un enfant suit trois phases : elle augmente nettement pendant la première année, puis diminue progressivement jusque vers six ans, puis remonte jusqu'à la fin de la croissance. Le point le plus bas de cette courbe marque le rebond. Les travaux de l'épidémiologiste française Marie-Françoise Rolland-Cachera, qui a donné son nom au phénomène dans la littérature, ont montré que plus ce rebond survient tôt, avant cinq ou six ans, plus le risque de devenir obèse pendant l'enfance et l'adolescence est élevé. Cette information ne se lit que sur une courbe tracée dans la durée : un seul point ne peut pas la révéler.
Comment lit-on la courbe du carnet de santé ?
En regardant le couloir suivi plutôt que la position à une date donnée, et c'est le renversement de perspective le plus important. Un enfant progresse normalement le long d'un même couloir de la courbe, quel que soit ce couloir : y rester est le signe rassurant. Ce qui alerte, c'est un changement de couloir vers le haut, c'est-à-dire une corpulence qui grimpe plus vite que ne le voudrait la croissance. Ce signal apparaît souvent bien avant que le seuil de surpoids soit franchi, ce qui explique tout l'intérêt de reporter le point à chaque consultation plutôt que de calculer une fois. La même logique s'applique en sens inverse : une cassure vers le bas mérite aussi une évaluation. En France, le surpoids incluant l'obésité se définit au-delà du quatre-vingt-dix-septième percentile des références françaises, et l'obésité par le seuil international IOTF-30.
Mon enfant de six ans paraît maigre, est-ce inquiétant ?
C'est le plus souvent normal, et c'est même l'une des mises en garde que répètent les documents de repérage français. Puisque la corpulence diminue physiologiquement entre un et six ans, un enfant de six ans dont la corpulence est parfaitement normale paraît mince, parfois très mince. Le corollaire est plus important encore et va dans l'autre sens : à cet âge, l'impression visuelle est trompeuse, et un enfant dont l'IMC s'approche du quatre-vingt-dix-septième percentile peut ne pas sembler en excès de poids du tout. C'est précisément pourquoi le repérage passe par une courbe tracée et non par le coup d'œil, et c'est aussi pourquoi il n'y a aucune raison de modifier l'alimentation d'un enfant sur la base d'une impression. Cette décision revient au médecin qui le suit.
Ces courbes valent-elles quelle que soit l'origine de l'enfant ?
Oui, et c'est explicitement indiqué dans les documents officiels français accompagnant les courbes de corpulence. Contrairement à certains seuils adultes, comme ceux du tour de taille, qui varient selon les populations, les courbes de corpulence et la définition de l'obésité de l'enfant sont présentées comme adaptées à toutes les origines géographiques. Cela simplifie beaucoup le suivi, puisqu'un seul jeu de références sert à tous les enfants suivis en France. Un point mérite toutefois d'être distingué de cette question : les courbes présentes dans les carnets de santé ont été révisées, et un carnet ancien peut contenir une version antérieure. Si vous comparez des points reportés sur plusieurs années, mieux vaut vérifier que c'est bien la même courbe qui a servi de support.