Pourquoi un seul seuil pour tout le monde ?
Parce que la taille est déjà dans le calcul, et c'est tout l'intérêt de ce rapport. Le tour de taille mesuré seul exige des seuils différents selon le sexe et selon la population, puisqu'une même mesure en centimètres ne représente pas la même chose chez une personne d'un mètre cinquante et chez une personne d'un mètre quatre-vingt-dix. En divisant par la taille, ce facteur disparaît de l'équation : la valeur obtenue est déjà relative au gabarit. C'est pour cette raison que le seuil de zéro virgule cinq est proposé indépendamment du sexe, de l'âge et de l'origine, là où les seuils en centimètres varient d'une recommandation à l'autre. Cette simplicité est aussi ce qui rend la mesure facile à retenir et à refaire soi-même.
L'astuce de la ficelle fonctionne-t-elle vraiment ?
Oui, et c'est une conséquence directe de l'arithmétique. Prenez une ficelle de la longueur exacte de votre taille, pliez-la en deux, puis essayez d'en faire le tour de votre abdomen au bon endroit : si les deux extrémités se rejoignent, votre rapport est inférieur à zéro virgule cinq ; si elles ne se rejoignent pas, il le dépasse. La ficelle pliée en deux mesure la moitié de votre taille, ce qui est exactement le seuil. L'intérêt n'est pas d'éviter une division, mais de rendre la mesure possible sans mètre ruban, sans balance et sans savoir lire un chiffre — ce qui en fait un outil utilisable partout, y compris auprès de personnes que les calculs rebutent.
Faut-il préférer ce rapport à l'IMC ?
Ils ne mesurent pas la même chose et se complètent plutôt qu'ils ne se remplacent. L'indice de masse corporelle situe la corpulence globale, sans rien dire de la répartition des graisses ni de la part de muscle. Le rapport tour de taille sur taille, lui, cible la graisse abdominale, celle qui pèse le plus dans le risque cardiométabolique. Une revue systématique de deux mille douze a conclu que ce rapport dépistait mieux les facteurs de risque cardiométaboliques que le tour de taille seul et que l'indice de masse corporelle. Cela ne rend pas ce dernier inutile : il reste la référence pour classer la corpulence et pour dialoguer avec les recommandations existantes. Le plus informatif est de disposer des deux, précisément parce qu'ils ne se recouvrent pas.
Ce rapport s'applique-t-il aux enfants ?
Il est utilisé chez l'enfant à partir de l'âge scolaire, avec le même seuil de zéro virgule cinq, et cette stabilité est justement l'un de ses atouts dans cette tranche d'âge. Contrairement à l'indice de masse corporelle, qui exige de se reporter à une courbe dépendant de l'âge et du sexe, le rapport garde le même repère de l'enfance à l'âge adulte. Il ne remplace pourtant pas le suivi officiel : en France, le repérage du surpoids et de l'obésité chez l'enfant repose sur la courbe de corpulence du carnet de santé, avec les références de l'International Obesity Task Force, et la Haute Autorité de Santé recommande de suivre cette courbe dans le temps. Le rapport peut servir de repère simple entre deux consultations, pas de substitut.
Un rapport inférieur à 0,4 est-il encore mieux ?
Pas nécessairement, et c'est le point que la formulation populaire de la règle laisse de côté. La zone associée au risque le plus faible se situe entre zéro virgule quatre et zéro virgule cinq, et non en dessous de tout. Un rapport nettement inférieur à zéro virgule quatre peut correspondre à une constitution mince sans aucune conséquence, mais il peut aussi accompagner une maigreur, une perte de masse musculaire ou un trouble du comportement alimentaire, et ces situations méritent d'être regardées plutôt que célébrées. Autrement dit, cet indicateur n'est pas une échelle où plus bas vaut toujours mieux : il possède une borne basse, et la franchir vers le bas est une information au même titre que la franchir vers le haut.