Quatre cents milligrammes, cela fait combien de cafés ?
Entre trois et cinq, et cette imprécision n'est pas de la paresse : elle reflète une variabilité réelle. L'Autorité européenne de sécurité des aliments retient quatre cents milligrammes par jour comme seuil ne posant pas de problème de sécurité chez l'adulte en bonne santé, valeur reprise en France. Traduire ce chiffre en tasses suppose de connaître la teneur de chaque boisson, or celle-ci dépend du volume servi, de la méthode d'extraction, de l'espèce de café et du dosage. Les écarts constatés entre marques, torréfacteurs et préparations atteignent couramment trente pour cent dans un sens ou dans l'autre. Un même expresso peut ainsi apporter de cinquante-six à cent quatre milligrammes. C'est pourquoi cette page fait saisir les milligrammes plutôt que les tasses, tout en proposant des ordres de grandeur.
Pourquoi un expresso contient-il moins de caféine qu'un café filtre ?
Parce que l'intensité en bouche et la quantité de caféine ne mesurent pas la même chose. Un expresso est très concentré, mais il ne représente qu'une trentaine de millilitres, ce qui plafonne la quantité totale extraite autour de quatre-vingts milligrammes. Un café filtre est bien moins concentré, mais son volume de deux cent quarante millilitres environ lui permet d'en apporter davantage, souvent plus de cent milligrammes. Le goût amer et la sensation de force viennent de la concentration, pas de la dose reçue. L'écart s'accentue encore avec les grands formats allongés, qui combinent volume important et extraction prolongée. C'est une des raisons pour lesquelles le nombre de tasses est un mauvais indicateur : deux personnes buvant trois cafés peuvent recevoir du simple au double.
Pourquoi la limite tombe-t-elle à deux cents milligrammes pendant la grossesse ?
Pour deux raisons qui se cumulent, l'une concernant l'élimination et l'autre le passage vers l'enfant. D'une part, l'activité de l'enzyme hépatique qui dégrade la caféine diminue fortement pendant la grossesse, si bien que la demi-vie d'élimination, d'environ cinq heures chez l'adulte, peut atteindre neuf à quinze heures. La même tasse reste donc active bien plus longtemps. D'autre part, la caféine franchit le placenta et passe dans le lait maternel, alors que le fœtus et le nourrisson ne disposent pas des enzymes nécessaires pour la métaboliser. Au-delà de deux cents milligrammes par jour, toutes sources confondues, un risque de retard de croissance intra-utérin a été identifié. Ce seuil couvre le café mais aussi le thé, les colas, le chocolat et certains médicaments.
Combien de temps la caféine reste-t-elle dans l'organisme ?
Environ cinq heures pour en éliminer la moitié chez un adulte moyen, mais cette valeur cache des différences considérables entre personnes. L'élimination dépend principalement d'une enzyme du foie dont l'activité varie selon le patrimoine génétique : une part importante de la population élimine lentement, avec une demi-vie de sept à dix heures, tandis que d'autres y parviennent en trois ou quatre. Le tabac accélère nettement cette dégradation en stimulant l'enzyme concernée, alors que la grossesse et certains contraceptifs oraux la ralentissent. Deux personnes buvant le même café à la même heure ne l'auront donc pas éliminé au même moment, ce qui explique pourquoi certaines dorment sans difficulté après un café du soir quand d'autres passent une mauvaise nuit après une tasse prise à seize heures.
Pourquoi deux limites, l'une par jour et l'autre par prise ?
Parce qu'elles répondent à des risques différents, et respecter l'une ne garantit pas de respecter l'autre. La limite journalière de quatre cents milligrammes concerne les effets d'une consommation habituelle. La limite de deux cents milligrammes en une seule prise vise les effets aigus — palpitations, nervosité, tremblements, difficultés d'endormissement — qui peuvent survenir même lorsque le total de la journée reste modéré. Une personne buvant deux grands cafés filtre d'affilée peut ainsi dépasser la dose unique tout en restant très en dessous du plafond quotidien. Les comprimés de caféine, souvent dosés à cent ou deux cents milligrammes, et les boissons énergisantes consommées rapidement font franchir cette limite bien plus facilement qu'une tasse.