Pourquoi soustraire le métabolisme de repos ?
Parce que le chiffre habituellement annoncé comprend une dépense qui aurait eu lieu de toute façon. L'équivalent métabolique exprime la dépense d'une activité en multiples du repos : marcher à quatre virgule huit équivalents signifie dépenser quatre virgule huit fois plus qu'assis. La formule courante multiplie cette valeur par le poids et la durée, ce qui donne la dépense totale pendant la séance, repos inclus. Or pendant cette même heure, sans rien faire, le corps aurait dépensé l'équivalent d'un équivalent métabolique. La dépense réellement ajoutée par l'activité correspond donc à l'équivalent moins un. La part concernée dépend entièrement de l'intensité : elle représente la moitié du total pour une marche lente, environ un cinquième pour une marche rapide, et un dixième seulement pour une course. Autrement dit, plus l'activité est légère, plus le chiffre brut flatte.
L'estimation est-elle plus fausse chez les personnes lourdes ?
Oui, et le mécanisme est arithmétique. La méthode pose qu'un équivalent métabolique vaut une kilocalorie par kilo et par heure, valeur unique appliquée à tout le monde. Or le métabolisme de repos rapporté au poids diminue à mesure que le poids augmente, parce que la masse ajoutée est en grande partie du tissu adipeux, peu consommateur. Chez un adulte de soixante kilos, la valeur réelle avoisine la convention ; chez une personne de quatre-vingt-quinze kilos, elle peut lui être inférieure de plus d'un tiers. La convention surestime alors la composante de repos, et l'écart se répercute sur toute l'estimation. Le Compendium lui-même signale ce point et propose une version corrigée. Cette page contourne le problème en calculant votre métabolisme de repos à partir de votre taille, de votre âge et de votre sexe, plutôt qu'en appliquant la valeur unique.
D'où vient l'écart de 5 % entre les deux calculs courants ?
Il vient du passage par la consommation d'oxygène, que l'une des deux méthodes explicite et l'autre arrondit. La première, la plus répandue, multiplie simplement l'équivalent métabolique par le poids et la durée en heures. La seconde passe par la consommation d'oxygène : elle multiplie l'équivalent par trois virgule cinq millilitres d'oxygène par kilo et par minute, puis divise par deux cents. Le calcul montre que cette seconde version revient à poser un virgule zéro cinq kilocalorie par kilo et par heure, contre exactement une pour la première, la différence venant de l'équivalent énergétique retenu pour un litre d'oxygène. Les deux circulent partout, souvent attribuées à la même source. Sur une heure de course pour un adulte de soixante-dix kilos, l'écart représente une trentaine de kilocalories, ce qui reste modeste face aux autres incertitudes de la méthode.
Pourquoi ma montre affiche-t-elle un autre chiffre ?
Parce qu'elle mesure autre chose, avec ses propres approximations. Une montre connectée combine généralement l'accélérométrie et la fréquence cardiaque, puis applique un modèle propriétaire non publié pour convertir ces signaux en kilocalories. Certaines affichent une dépense brute, d'autres une dépense dite active dont le repos a déjà été retiré, sans toujours préciser laquelle. À cela s'ajoutent des différences réelles que ni la montre ni cette page ne captent bien : le dénivelé, le vent, la charge portée, la température, la technique et le niveau d'entraînement, un coureur économe dépensant moins qu'un débutant à vitesse égale. La conséquence pratique est de ne pas comparer les valeurs entre deux sources, et de suivre l'évolution d'une seule d'entre elles dans le temps.
Que disent les repères français d'activité physique ?
Ils raisonnent en durée et en intensité, pas en kilocalories, et c'est une différence de fond. Les recommandations françaises retiennent au moins trente minutes d'activité d'intensité modérée au moins cinq jours par semaine chez l'adulte, en évitant de rester deux jours consécutifs sans bouger, auxquelles s'ajoutent du renforcement musculaire une à deux fois par semaine et des exercices d'assouplissement. Une intensité modérée correspond à trois à six équivalents métaboliques, c'est-à-dire une activité pendant laquelle la conversation reste possible mais devient un peu difficile. La réduction du temps passé assis constitue un objectif distinct, qui ne se compense pas par une séance. Aucun de ces repères ne s'exprime en calories dépensées, parce que les bénéfices attendus sur la santé ne se réduisent pas à une dépense énergétique.