Le jeûne intermittent fait-il perdre plus de poids qu'un régime classique ?
Non, et c'est la conclusion la plus solide du dossier. Une analyse portant sur quatre-vingt-dix-neuf essais cliniques et plus de six mille cinq cents adultes a comparé les différentes formes de jeûne intermittent à une restriction calorique continue : les résultats sont équivalents, sans avantage pour le jeûne. Un commentateur résumait ainsi ce constat en disant qu'il n'y a rien de magique dans le jeûne intermittent pour la perte de poids. Les méta-analyses antérieures allaient déjà dans ce sens, montrant que les différentes variantes produisent des résultats similaires dès lors que l'apport calorique total est comparable. Le jeûne reste donc une manière d'organiser ses repas, pas un mécanisme distinct : ce qui change le poids est la quantité totale consommée, pas l'horaire auquel elle l'est.
Quelle est l'ampleur réelle de l'effet mesuré ?
Modeste, et le chiffre mérite d'être connu avant de commencer. Une méta-analyse de deux mille vingt-quatre portant sur près de deux mille cinq cents participants a mesuré, pour la formule seize-huit comparée à une alimentation libre, une perte de poids moyenne d'un kilo et cent grammes, accompagnée d'une baisse d'indice de masse corporelle de trente-huit centièmes de point. Pour une personne de soixante-dix kilos, cela représente environ un et demi pour cent du poids. D'autres travaux rapportent des fourchettes plus larges, de un à huit pour cent du poids sur deux à douze mois, comparables à celles d'une restriction classique. Ces chiffres ne disqualifient pas la pratique, mais ils la situent : l'écart entre les attentes véhiculées et les résultats mesurés est considérable.
Dans quelles situations le jeûne intermittent est-il contre-indiqué ?
La liste est plus longue qu'on ne l'imagine, et plusieurs situations relèvent d'une contre-indication franche. Parce que le jeûne modifie de nombreux paramètres métaboliques, il est contre-indiqué en cas de diabète de type un, d'insuffisance rénale, d'insuffisance hépatique, d'hypotension artérielle, d'hyperthyroïdie, de dénutrition, d'arythmie cardiaque, de maladie coronarienne instable ou grave, d'ulcère gastrique ou duodénal, et de décollement de la rétine. Il est par ailleurs déconseillé pendant la grossesse et l'allaitement, ainsi que chez l'enfant et l'adolescent en raison de la croissance. D'autres situations n'interdisent pas la pratique mais imposent un encadrement médical, notamment un diabète de type deux traité, une pathologie cardiaque associée, un antécédent de trouble du comportement alimentaire, ou un âge avancé avec risque de dénutrition.
Pourquoi les médicaments posent-ils un problème particulier ?
Parce que de nombreux traitements ont des contraintes d'horaire liées aux repas, et qu'un jeûne les bouscule sans prévenir. Certains médicaments doivent être pris au cours d'un repas pour être correctement absorbés ou pour éviter une irritation digestive. D'autres, notamment ceux qui abaissent la glycémie, exposent à un risque d'hypoglycémie s'ils sont pris alors qu'aucun apport n'est prévu dans les heures qui suivent. Ce point est le plus souvent oublié dans les discussions sur le sujet, alors qu'il concerne beaucoup de monde. La vérification est simple et se fait auprès du médecin ou du pharmacien, qui dispose de la liste exacte des traitements en cours. Aucune page web ne peut trancher cette question, faute de connaître à la fois les molécules concernées et le contexte.
Quels signes doivent faire arrêter ?
Quatre en particulier, et ils ne se discutent pas. Un malaise, quelle qu'en soit l'intensité, impose l'arrêt et un avis. Une perte de poids rapide, non recherchée ou plus importante que prévu, également. Les deux derniers signes concernent le rapport à l'alimentation plutôt que le corps : une anxiété qui s'installe autour des repas, et l'apparition de compulsions alimentaires, souvent au moment de rouvrir la période où manger est autorisé. Ces deux derniers méritent une attention particulière parce qu'ils se confondent facilement avec un manque de volonté, alors qu'ils décrivent une réponse ordinaire à la restriction. Leur apparition n'est pas un échec personnel : c'est un signal, et le bon interlocuteur est un professionnel plutôt qu'un forum.