Qu'est-ce qu'un verre standard, et pourquoi dix grammes ?
Un verre standard contient dix grammes d'alcool pur, quelle que soit la boisson, et correspond à ce qui est servi dans un café ou un restaurant. Cette unité permet de comparer des boissons très différentes : un demi de bière à cinq degrés, un ballon de vin à douze degrés et une dose de spiritueux à quarante degrés apportent tous approximativement la même quantité d'alcool, parce que le volume servi diminue à mesure que le degré augmente. Le calcul repose sur une formule simple : le volume en millilitres multiplié par le degré, puis par zéro virgule huit qui est la densité de l'alcool, le tout divisé par cent. La valeur de dix grammes est propre à la France ; d'autres pays retiennent des unités différentes, ce qui rend les comparaisons internationales de repères trompeuses si l'on oublie de convertir.
Pourquoi un même repère pour les hommes et les femmes ?
C'est un choix de simplification assumé, et les experts qui l'ont fait ont publié ce qu'il masque. Les courbes de risque de mortalité attribuable à l'alcool ne se superposent pas selon le sexe : le seuil de un pour cent de risque absolu sur la vie entière est atteint dès quinze grammes par jour chez les femmes, contre vingt-cinq grammes chez les hommes. Un repère différencié aurait donc été défendable sur le plan strictement statistique. Le groupe d'experts a néanmoins retenu une valeur unique de dix verres par semaine pour les deux sexes, en jugeant qu'un message simple et mémorisable servait mieux la santé publique qu'un double barème. Cette transparence mérite d'être connue : la même consommation n'expose pas exactement au même risque selon les personnes.
Les trois règles se cumulent-elles vraiment ?
Oui, et c'est précisément leur intérêt, car elles attrapent des schémas de consommation différents. La limite hebdomadaire de dix verres cible le volume total. La limite de deux verres par jour vise les épisodes de consommation concentrée. L'exigence de jours sans consommation dans la semaine s'attaque à l'installation d'une habitude quotidienne. Deux exemples montrent qu'elles ne se recouvrent pas. Boire deux verres chaque jour respecte la règle quotidienne, mais aboutit à quatorze verres hebdomadaires et à aucun jour sans, échouant donc aux deux autres. À l'inverse, ne rien boire de la semaine puis cinq verres le samedi respecte le total hebdomadaire et les jours sans, tout en dépassant nettement la limite quotidienne. Une seule règle ne suffirait à décrire ni l'une ni l'autre situation.
Un verre servi à la maison est-il un verre standard ?
Rarement, et l'écart est souvent proche du double. La définition précise que le verre standard correspond à ce qui est servi dans un établissement, où les doses sont calibrées. À domicile, personne ne mesure : un verre de vin généreusement rempli atteint facilement cent quatre-vingts millilitres, et sur un vin à treize degrés cela représente près de deux verres standard. Un grand verre à pied rempli aux trois quarts peut en représenter deux et demi. Le même raisonnement vaut pour les spiritueux, où une dose versée à l'œil dépasse couramment les trois centilitres de référence. Compter les verres bus à la maison comme des verres standard conduit donc à sous-estimer sa consommation, parfois de moitié, ce qui explique le décalage fréquent entre l'estimation et la réalité.
Existe-t-il un seuil de consommation sans risque ?
Non, et les textes officiels français le disent explicitement plutôt que de le laisser entendre. Il n'existe pas de niveau de consommation qui permettrait à coup sûr de limiter les risques pour la santé tout au long de la vie, et les risques existent dès le premier verre quotidien. Les repères de deux mille dix-sept ne définissent donc pas une zone sûre mais un niveau de risque jugé acceptable, ce qui est différent. L'option la plus sûre reste l'absence de consommation, et elle devient la seule recommandable dans plusieurs situations : pendant la grossesse dès la conception et pendant l'allaitement, pendant l'enfance et l'adolescence, avant de conduire ou d'utiliser des machines, et en cas de prise de médicaments, les interactions étant nombreuses.