Le sport compense-t-il les longues heures assises ?
Pas entièrement, et c'est le point central des travaux de l'Anses sur le sujet. L'agence définit la sédentarité de manière distincte de l'inactivité physique et lui reconnaît des effets propres sur la santé : ce sont deux facteurs séparés, pas deux façons de dire la même chose. La sédentarité désigne les situations d'éveil en position assise ou allongée où la dépense énergétique reste faible, en dessous de un virgule six équivalent métabolique. L'inactivité physique désigne, elle, un niveau d'activité inférieur au seuil recommandé. Une personne peut donc atteindre les repères d'activité et rester exposée aux effets d'une position assise prolongée — la formule employée lors de la révision d'octobre deux mille vingt-cinq est explicite : faire du sport ne suffit plus.
Quels sont les repères d'activité physique en France ?
Ils se déclinent en trois volets, et l'endurance n'est que le premier. Pour l'activité cardiorespiratoire, le repère historique retenu par l'Anses est de trente minutes d'intensité modérée au moins cinq jours par semaine ; les recommandations internationales plus récentes s'expriment plutôt en volume hebdomadaire, cent cinquante à trois cents minutes d'intensité modérée, ou soixante-quinze à cent cinquante minutes d'intensité soutenue, ou une combinaison des deux. S'y ajoute le renforcement musculaire, au moins deux fois par semaine selon les repères actuels, avec huit à dix exercices répétés une dizaine de fois sur deux à trois séries et deux jours de récupération entre les séances. Le troisième volet, souvent oublié, concerne les exercices d'assouplissement, deux à trois fois par semaine.
Qu'est-ce qui a changé en octobre 2025 ?
La fréquence des interruptions recommandées a été nettement resserrée. Les repères issus des travaux de deux mille seize invitaient à interrompre les périodes prolongées en position assise ou allongée au moins toutes les quatre-vingt-dix à cent vingt minutes, par quelques minutes de marche. L'avis publié le huit octobre deux mille vingt-cinq recommande désormais une interruption toutes les trente minutes, par trois à cinq minutes de marche. L'intervalle a donc été divisé par trois à quatre. La physiologiste ayant participé à ces travaux résume l'idée simplement : mieux vaut trois minutes de marche que trente minutes d'immobilité. Ces pauses ne remplacent pas l'activité physique régulière — les deux démarches sont complémentaires et répondent à des mécanismes différents.
Combien de Français atteignent les repères ?
Très peu, et le chiffre est saisissant. L'expertise publiée par l'Anses en deux mille vingt-deux estime que quatre-vingt-quinze pour cent de la population adulte française est exposée à un risque de détérioration de la santé, par manque d'activité physique ou par un temps trop long passé assis. Seuls cinq pour cent des adultes présenteraient un niveau d'activité suffisant pour être protecteur. Plus d'un tiers de la population cumule les deux problèmes à la fois : activité insuffisante et sédentarité élevée. L'écart entre les sexes est important, soixante-dix pour cent des femmes se situant en dessous de l'ensemble des recommandations, contre quarante-deux pour cent des hommes.
Comment savoir si une activité est d'intensité modérée ?
Par la respiration et la parole, un repère qui ne demande aucun appareil. À intensité modérée, la respiration s'accélère mais la conversation reste possible par phrases complètes : la marche à bonne allure, le vélo tranquille, le jardinage ou la montée d'escaliers entrent dans cette catégorie. À intensité soutenue, le souffle ne permet plus que quelques mots à la fois, ce qui explique que le volume recommandé y soit environ deux fois moindre. Cette approche a un avantage sur les pourcentages calculés à partir d'une fréquence cardiaque maximale estimée : elle s'ajuste spontanément à la fatigue du jour, à la chaleur ou à une nuit courte, que les formules ne voient pas.