Dépense brute ou dépense nette : quelle différence ?
La dépense brute compte toute l'énergie consommée pendant la séance, y compris celle que l'organisme aurait dépensée de toute façon en restant assis. La dépense nette retranche cette part de fond et ne garde que le supplément réellement dû à l'activité. La plupart des calculatrices et des appareils affichent la valeur brute, qui est la plus flatteuse. L'écart entre les deux vaut exactement l'équivalent d'un équivalent métabolique multiplié par le poids et la durée : pour une personne de soixante-dix kilos pendant une heure, environ soixante-quinze kilocalories, quelle que soit l'activité. Ce n'est pas énorme dans l'absolu, mais rapporté à une marche tranquille cela représente plus d'un tiers du total affiché.
Pourquoi l'écart proportionnel est-il plus grand à faible intensité ?
Parce que la part retranchée est constante alors que le total ne l'est pas. L'écart entre brut et net correspond toujours à un équivalent métabolique, indépendamment de l'effort fourni : il vaut la même chose en marchant lentement et en courant vite. Mais rapporté au total, cette part fixe pèse d'autant plus lourd que l'activité est douce. En proportion, l'écart vaut simplement l'inverse du nombre d'équivalents métaboliques : trente-six pour cent pour une marche lente à deux virgule huit, vingt-trois pour cent pour une marche rapide, douze pour cent pour une course à huit kilomètres-heure, huit pour cent pour une course rapide. La conséquence est un peu ironique : c'est l'activité la plus pratiquée qui est la plus surestimée.
Que vaut vraiment une estimation par équivalents métaboliques ?
C'est un ordre de grandeur reposant sur plusieurs conventions, et il vaut mieux les connaître. Un équivalent métabolique correspond par convention à trois virgule cinq millilitres d'oxygène par kilo et par minute, une valeur standardisée qui ne correspond pas au métabolisme de repos réel de chacun — celui-ci varie d'environ dix à quinze pour cent d'une personne à l'autre à morphologie comparable. Les tables d'activités ont par ailleurs été établies sur des personnes de référence, généralement autour de soixante-dix kilos. S'y ajoute tout ce que la méthode ne voit pas : le niveau d'entraînement, la technique, le rendement mécanique, la chaleur, le vent ou le dénivelé. Le chiffre obtenu situe une séance, il ne la mesure pas.
Pourquoi les montres et les machines affichent-elles autre chose ?
Parce qu'elles n'emploient ni la même méthode ni la même définition. Les appareils de salle raisonnent le plus souvent en dépense brute et à partir d'un profil standard, ce qui produit des valeurs généreuses. Les montres connectées utilisent plutôt la fréquence cardiaque, une approche qui souffre de deux limites : la relation entre fréquence et dépense n'est fiable que dans une plage d'intensité moyenne, et elle suppose une fréquence maximale correcte — or celle-ci est le plus souvent estimée par une formule d'âge dont une personne sur trois s'écarte de plus de dix battements. Deux appareils différents sur la même séance donnent donc régulièrement des chiffres très différents, sans qu'aucun soit la référence.
Peut-on convertir cette dépense en équivalents alimentaires ?
Cette page ne le fait pas, et c'est un choix délibéré. Traduire une séance en portions à consommer ou à compenser transforme un ordre de grandeur incertain en une comptabilité précise qu'aucune des deux mesures ne permet : l'estimation de la dépense comporte déjà une marge importante, et l'estimation des apports alimentaires en comporte une autre, du même ordre. Additionner deux approximations pour en tirer une décision quotidienne donne une fausse précision. Ce raisonnement de compensation entretient par ailleurs un rapport à l'activité physique où celle-ci devient une monnaie d'échange plutôt qu'une pratique — ce qui n'est pas la manière dont les repères de santé publique la présentent.