Qu'est-ce que le NAP exactement ?
Le niveau d'activité physique est un rapport, pas une étiquette de mode de vie. Il se définit comme la dépense énergétique sur vingt-quatre heures divisée par le métabolisme de base : un niveau d'activité physique de un virgule six signifie que vous dépensez sur la journée une fois et demie de plus que ce que votre corps consomme au repos complet. Cette définition a une conséquence que les calculateurs cachent souvent : le niveau d'activité physique se calcule à partir du temps passé dans chaque type d'activité, pondéré par leur intensité, et non en se reconnaissant dans une case appelée sédentaire ou actif. Le terme est l'équivalent français de ce que la littérature anglophone appelle physical activity level. Il ne doit pas être confondu avec les coefficients d'activité employés dans certaines équations d'estimation des besoins, qui n'ont ni la même définition ni les mêmes valeurs.
Pourquoi une heure de sport change-t-elle si peu le résultat ?
Parce que le niveau d'activité physique est une moyenne sur vingt-quatre heures, et qu'une heure ne pèse qu'un vingt-quatrième du total. Le calcul est instructif : chez une personne travaillant assise et ne pratiquant aucune activité, remplacer une heure assise par une heure de sport intense fait passer le niveau d'activité physique d'environ un virgule vingt-quatre à un virgule cinquante-deux, soit un peu plus d'un quart de point. Une demi-heure n'en apporte que la moitié. À l'inverse, un travail passé debout et en déplacement agit sur huit heures ou davantage, ce qui déplace le résultat bien plus fortement qu'une séance. Cela n'enlève rien aux bénéfices de l'activité sportive, qui ne se résument pas à une dépense énergétique, mais explique pourquoi trois séances par semaine ne font pas basculer quelqu'un dans la catégorie des personnes très actives.
Pourquoi les deux méthodes de cette page ne donnent-elles pas le même résultat ?
Parce qu'elles ne mesurent pas tout à fait la même chose, et l'écart est systématique plutôt qu'aléatoire. La moyenne pondérée des intensités horaires ne retient que l'activité identifiable : dormir, être assis, se déplacer, faire du sport. Or la dépense réelle comprend aussi la thermogenèse liée à la digestion, qui représente environ un dixième de l'énergie ingérée, ainsi qu'une multitude de mouvements non sportifs mal capturés par des blocs d'heures — se lever, gesticuler, monter un escalier. Les paliers de l'Anses, eux, dérivent de dépenses réellement mesurées en population et intègrent donc ces composantes. C'est pourquoi le calcul horaire de cette page rend presque toujours une valeur inférieure aux paliers, souvent de l'ordre de deux dixièmes. Les deux sont affichés côte à côte plutôt que d'en masquer un.
Comment se situer par rapport aux repères français ?
En comparant à des valeurs établies par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, qui a publié des besoins énergétiques de référence par classe d'âge et par sexe. Le niveau d'activité physique moyen de la population française est estimé à un virgule soixante-cinq, ce qui donne un point de comparaison utile : la plupart des gens se situent entre un virgule quatre et un virgule sept, et dépasser deux relève du travail manuel intensif ou du sport de haut niveau. Ces références sont des valeurs repères pour des groupes, pas des besoins individuels : elles décrivent une moyenne autour de laquelle la variation entre personnes reste importante. Se situer dix pour cent au-dessus ou en dessous d'une valeur de référence ne signifie donc rien en soi.
Cette estimation permet-elle de fixer un apport alimentaire ?
Non, et deux raisons distinctes s'y opposent. La première est arithmétique : le résultat est le produit de deux estimations. Le métabolisme de base est déjà incertain d'environ dix pour cent, et le niveau d'activité physique l'est au moins autant, si bien que le chiffre final porte une marge qui dépasse couramment quinze pour cent, soit plusieurs centaines de kilocalories chez un adulte. La seconde est que ce nombre décrit une dépense, pas une consommation à atteindre : il ne dit rien de la répartition entre nutriments, de la qualité des aliments ni des horaires. Cette page ne calcule donc aucun déficit et ne propose aucun objectif. Elle sert à situer un ordre de grandeur, et le meilleur usage de ce chiffre reste de le comparer à lui-même dans le temps plutôt qu'à une cible.