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Nutrition

La règle des 7700 kcal par kilo

Cette règle prédit une ligne droite : tant de kilocalories en moins, tant de kilos en moins, indéfiniment. Le corps, lui, suit une courbe qui s'aplatit jusqu'à s'arrêter. Cette page met les deux trajectoires côte à côte pour montrer où et de combien elles divergent.

Statique contre dynamique Le palier expliqué Aucun objectif demandé Sans inscription
Mis à jour le 26 août 2026

Cette page ne demande aucun objectif de poids

Elle ne propose ni cible, ni déficit, ni échéance. Vous entrez une hypothèse de changement d'apport, et elle montre ce que chacun des deux modèles prédit — c'est une page d'explication, pas un plan.

La raison est simple : un outil qui accepte une cible de poids et une échéance en déduit mécaniquement une restriction d'autant plus forte que le délai est court. La question utile n'est pas « en combien de temps », mais « qu'est-ce qui est tenable ». Elle se pose avec un professionnel.

Si compter occupe une place croissante, si les repas deviennent une source d'anxiété, ou si les seuils reculent sans cesse — ce ne sont pas des questions d'arithmétique.

L'hypothèse à tester

ans
kg
cm

Détaillé sur la page des besoins caloriques.

kcal/j

Négatif pour une réduction, positif pour une augmentation.

Ce que la règle statique ignore

Sur la lenteur, qui surprend davantage que le palier lui-même. Les modèles dynamiques décrivent une approche progressive du nouvel équilibre : environ six dixièmes du changement après un an, près de neuf dixièmes après deux ans, la quasi-totalité seulement après trois. Un changement maintenu produit donc encore des effets deux ans plus tard — et juger sur quelques semaines revient à lire le tout début de la courbe.

Dernière révision du contenu : 26 août 2026.

Questions fréquentes

D'où vient la règle des 7700 kcal par kilo, et pourquoi est-elle fausse ?

Elle date de mille neuf cent cinquante-huit et repose sur un raisonnement simple : un kilo de tissu adipeux contient environ sept mille sept cents kilocalories, donc supprimer cette quantité de l'alimentation ferait perdre un kilo. Le calcul est juste sur le contenu énergétique, mais il traite le corps comme un réservoir dont on retirerait de l'énergie sans que rien d'autre ne bouge. C'est cette hypothèse qui échoue. À mesure que le poids diminue, la dépense énergétique diminue aussi : il y a moins de masse à entretenir et à déplacer, et une adaptation métabolique s'y ajoute. Le déficit réel se réduit donc de lui-même, alors que la règle suppose qu'il reste constant. Des travaux publiés en deux mille onze et deux mille treize ont explicitement démontré pourquoi cette règle surestime, parfois considérablement.

Pourquoi la perte ralentit-elle puis s'arrête-t-elle ?

Parce que le système se rééquilibre tout seul, et c'est une propriété du corps, pas un échec de la personne. Un apport réduit crée d'abord un écart franc avec la dépense, donc une perte rapide. Mais la dépense suit le poids vers le bas, si bien que l'écart se resserre semaine après semaine. Arrive un moment où la dépense a suffisamment baissé pour rejoindre le nouvel apport : le poids se stabilise alors à un niveau plus bas, et il n'y a plus de perte, même si l'apport réduit est maintenu à l'identique. C'est ce qu'on appelle un palier, et il n'a rien d'anormal. S'y ajoutent des adaptations plus difficiles à quantifier, notamment une augmentation de l'appétit et une baisse de l'activité spontanée, qui vont dans le même sens.

Combien de temps faut-il pour atteindre ce nouvel équilibre ?

Bien plus longtemps que ne le laisse croire la règle statique, et cette lenteur est peut-être l'information la plus utile de cette page. Les modèles dynamiques décrivent une approche progressive du nouveau point d'équilibre : environ six dixièmes du changement total après un an, près de neuf dixièmes après deux ans, et la quasi-totalité seulement après trois ans. Autrement dit, un changement alimentaire maintenu produit encore des effets deux ans plus tard, ce que l'on n'imagine généralement pas. Cela a une conséquence pratique importante : juger de l'effet d'un changement sur quelques semaines revient à lire le tout début d'une courbe qui met des années à se déployer, et un ralentissement au bout de trois mois n'indique donc rien d'anormal.

Pourquoi cette page ne demande-t-elle pas d'objectif de poids ?

Parce que ce n'est pas ce qu'elle est faite pour, et qu'un outil qui accepte un objectif finit toujours par en déduire un déficit à tenir. Cette page compare deux façons de modéliser la même chose, afin de montrer pourquoi l'une des deux se trompe. Elle prend donc en entrée une hypothèse de changement d'apport, pas une cible à atteindre, et elle n'indique jamais combien de temps il faudrait pour arriver à un poids donné. La différence n'est pas cosmétique. Définir un apport en partant d'une cible de poids et d'une échéance conduit mécaniquement à des restrictions d'autant plus fortes que l'échéance est courte, alors que la question utile porte sur ce qui est tenable dans la durée. Cette discussion se tient avec un professionnel, avec le contexte que cette page n'a pas.

Que se passe-t-il si l'apport devient très bas ?

Plusieurs choses, et aucune n'est décrite par les courbes de cette page. En dessous d'un certain niveau, couvrir les besoins en vitamines, minéraux et protéines devient difficile quelle que soit la qualité des choix alimentaires, simplement parce que le volume total ne le permet plus. La perte porte alors davantage sur la masse musculaire, et l'adaptation métabolique s'accentue. Ces niveaux relèvent d'un encadrement médical, avec un suivi biologique, et non d'un calcul en ligne. Un dernier point mérite d'être dit clairement : si compter les calories occupe une place croissante, si les repas deviennent une source d'anxiété, ou si les seuils que l'on se fixe reculent sans cesse, ce ne sont pas des questions d'arithmétique et elles méritent d'être posées à quelqu'un.

Règle statique
7700 kcal par kilogramme, dérivée du contenu énergétique du tissu adipeux (Wishnofsky, 1958). Elle suppose un déficit constant dans le temps
Pourquoi elle échoue
La dépense énergétique diminue avec le poids, si bien que le déficit se referme progressivement. Démontré notamment par Hall et coll. (Lancet, 2011) et Hall et Chow (Int J Obes, 2013)
Courbe dynamique de cette page
Approximation exponentielle simplifiée, calibrée sur la règle empirique associée aux modèles dynamiques : environ 0,45 kg de changement d'équilibre pour 10 kcal/j, atteint progressivement sur plusieurs années
Ce que cette approximation n'est pas
Ce n'est pas le modèle publié lui-même, dont les équations sont plus complexes et distinguent masse grasse et masse maigre. L'outil de référence est le Body Weight Planner des instituts américains de santé
Métabolisme de base
Équation de Mifflin-St Jeor, multipliée par le niveau d'activité. Marge d'environ ±10 % sur le métabolisme de base seul
Ce que la page ne fait pas
Elle ne demande aucun objectif de poids, ne propose aucun déficit, ne fixe aucune échéance et ne produit aucun plan alimentaire
Ne s'applique pas
Moins de 18 ans, grossesse et allaitement, dénutrition, trouble du comportement alimentaire, chirurgie bariatrique, traitement modifiant le poids
Publié le
26 août 2026
Prochaine révision prévue
février 2027
Vos données
Le calcul s'exécute dans le navigateur. Rien n'est envoyé ni enregistré.
Compter n'est pas toujours une question de chiffres. Quand le calcul prend de la place, quand les repas se chargent d'anxiété ou quand les seuils que l'on se fixe reculent, une écoute gratuite et anonyme existe : Anorexie Boulimie Info Écoute, 09 69 325 900, du lundi au vendredi sauf le mercredi, de 16 h à 18 h. Le médecin traitant reste par ailleurs le point d'entrée le plus simple, sans condition d'aucune sorte.