Pourquoi les formules ne donnent-elles pas le même résultat ?
Parce qu'elles n'ont pas la même pente, et l'écart se creuse avec le niveau. La conversion la plus répandue en France multiplie la vitesse maximale aérobie par trois virgule cinq, le coût énergétique de la course avoisinant trois virgule cinq millilitres d'oxygène par kilo et par minute pour chaque kilomètre-heure. L'équation issue du test navette procède autrement : elle multiplie par six et retranche vingt-quatre virgule quatre. La différence entre les deux vaut donc deux virgule cinq fois la vitesse, moins vingt-quatre virgule quatre — une expression qui s'annule vers neuf virgule huit kilomètres-heure et grandit ensuite. Concrètement, deux coureurs obtiennent des résultats presque identiques à dix kilomètres-heure et séparés de plus de vingt millilitres à dix-huit. Plus on court vite, moins les méthodes s'accordent.
Quelle est la relation entre VMA et VO2max ?
La vitesse maximale aérobie est la vitesse de course à partir de laquelle la consommation maximale d'oxygène est atteinte. Les deux grandeurs décrivent donc le même plafond, l'une en kilomètres-heure et l'autre en millilitres d'oxygène par kilo et par minute. Passer de l'une à l'autre suppose un coût énergétique de la course, et c'est précisément ce coefficient qui varie d'une méthode à l'autre. Une conséquence pratique mérite d'être connue : ce coût énergétique n'est pas identique d'un coureur à l'autre, l'économie de course étant elle-même une qualité entraînable. Deux personnes ayant la même consommation maximale d'oxygène peuvent donc avoir des vitesses maximales différentes, et inversement.
L'estimation par la fréquence cardiaque est-elle fiable ?
Elle est commode, mais elle hérite d'une incertitude qu'elle ne crée pas. La formule proposée par Uth et ses collègues en deux mille quatre divise la fréquence maximale par la fréquence de repos et multiplie par quinze ; les auteurs l'annoncent précise à environ dix pour cent chez les sportifs réguliers. Le problème apparaît quand la fréquence maximale est elle-même estimée par une équation d'âge : une personne sur trois s'en écarte de plus de dix battements, et cet écart se transmet intégralement au résultat. Onze battements d'erreur sur la fréquence maximale déplacent l'estimation d'environ cinq millilitres et demi. Autrement dit, la méthode est utilisable avec une fréquence maximale mesurée, beaucoup moins avec une fréquence maximale devinée.
Quel test de terrain choisir ?
Cela dépend de l'usage, et le plus connu n'est pas le meilleur pour tout. Le test de douze minutes conçu par Cooper en mille neuf cent soixante-huit présente une excellente reproductibilité mais un biais dépendant du niveau : il sous-estime les valeurs basses et surestime les valeurs élevées. C'est donc un très bon outil de suivi personnel et un médiocre outil de comparaison entre individus. Sa seconde faiblesse est la gestion d'allure, un débutant partant souvent trop vite. Les protocoles à paliers progressifs, comme celui à incréments d'un demi-kilomètre-heure, suppriment ce problème puisque la montée en charge est imposée. Le test navette en va-et-vient de vingt mètres est le plus répandu en milieu scolaire, car il demande peu d'espace.
Ces tests peuvent-ils se faire seul ?
Ce sont des efforts maximaux, et cette page ne détaille donc aucun protocole. Les documents de référence sur le test navette insistent sur ce point : il doit être réalisé selon un protocole strict et dans le respect des contre-indications à la pratique sportive. Un effort mené jusqu'à l'épuisement n'est pas anodin, en particulier lors d'une reprise, après quarante ans, ou en présence d'un facteur de risque cardiovasculaire. La démarche raisonnable passe par un encadrement — club, éducateur sportif, ou test d'effort en milieu médical, ce dernier ayant l'avantage de mesurer la consommation d'oxygène directement plutôt que de l'estimer. Si vous disposez déjà d'un résultat, cette page vous permet de le convertir et d'en situer l'incertitude.