On présente d'ordinaire deux régimes : les maladies inscrites dans un tableau, et celles qui n'y sont pas. Il en existe un troisième, entre les deux — et sur cette voie intermédiaire, aucun taux d'incapacité minimum n'est exigé.
3 voies, pas 2Chiffres brutsAucune évaluationSans inscription
Mis à jour le 27 août 2026
Entre la présomption et le seuil de 25 %, il y a une porte de plus.
1Maladie dans un tableau, toutes conditions réunies
Présomption d'imputabilité : la maladie est reconnue d'origine professionnelle sans avoir à établir le lien avec le travail.
aucune preuve du lienaucun seuil
2Maladie dans un tableau, une condition manquante
Reconnaissance possible s'il est établi que la maladie est directement causée par le travail habituel.
preuve du lienaucun seuil
3Maladie dans aucun tableau
Il faut établir qu'elle est essentiellement et directement causée par le travail habituel — et atteindre un taux d'incapacité minimum.
preuve renforcéeseuil de 25 %
Deux différences séparent la voie 2 de la voie 3, et elles vont dans le même sens : le seuil d'incapacité ne s'applique qu'à la troisième, et le critère y est plus lourd — essentiellement et directement, contre directement seul. C'est la voie 3 que décrit notre page sur le burn-out ; la voie 2 en est la voisine méconnue.
Quelle voie, et ce qu'elle suppose d'établir
Un tableau n'est pas une liste de symptômes mais un texte réglementaire à trois entrées. Savoir si une pathologie y entre suppose de lire le texte applicable avec un médecin.
Ce que prévoit le cadre
Voie applicable—
Ce qu'il faut établir—
Seuil d'incapacité—
Qui instruit—
—
Dans tous les cas, trois éléments sont nécessaires pour une reconnaissance en
maladie professionnelle : la maladie doit être constatée par un médecin, le salarié doit avoir
été exposé au risque et le prouver, et la demande doit être instruite par la caisse.
L'avis du comité régional, lorsqu'il est saisi, s'impose à la caisse.
Ce que contient le tableau le plus cité
Le tableau 57 du régime général couvre les affections périarticulaires provoquées par certains gestes et postures de travail : épaule, coude, poignet, genou, cheville. Il a été créé en novembre 1972 et sa dernière mise à jour date de mai 2017.
Il exclut le dos, qui relève des tableaux consacrés au rachis lombaire — l'un pour les vibrations, l'autre pour la manutention.
D'autres tableaux couvrent des TMS : les effets des vibrations transmises aux mains et aux bras, et les lésions chroniques du ménisque. Le régime agricole dispose de tableaux équivalents portant d'autres numéros. Une source consultée pour cette page intervertit d'ailleurs les deux régimes ; la correspondance retenue ici est celle de l'INRS.
Les révisions successives ont renforcé les exigences médicales : la révision d'août 2012 pour les pathologies du coude a notamment introduit une confirmation par électroneuromyographie pour le syndrome de compression du nerf ulnaire.
Le délai de prise en charge est une notion précise : c'est la période maximale entre la cessation de l'exposition au risque et la première constatation médicale de la maladie. Pour les tendinopathies de l'épaule, il est de trente jours.
Le piège statistique du dos. Une source spécialisée le formule directement : les
atteintes du dos passent majoritairement en accident du travail plutôt qu'en maladie
professionnelle, de sorte qu'il faut additionner les deux compteurs pour mesurer le risque réel.
Elle rappelle par ailleurs que la manutention manuelle est à l'origine de la moitié des accidents
du travail en France. Autrement dit, le chiffre le plus cité sur les TMS sous-estime
précisément la plainte la plus répandue.
Dernière révision du contenu : 27 août 2026.
Les chiffres bruts, plutôt qu'un pourcentage
Les parts publiées vont de 80 à 90 % selon les sources. L'écart s'explique par le périmètre — tous les tableaux ou le seul tableau 57 — et par l'année. Voici les nombres bruts d'une année documentée, au régime général, et les rapports qui s'en déduisent.
Maladies professionnelles prises en charge
44 217
100 %
Dont troubles musculosquelettiques
38 286
≈ 87 %
Dont relevant du seul tableau 57
35 095
≈ 79 %
Pourquoi publier les nombres et non le pourcentage. Un taux arrondi voyage sans
son périmètre : « près de 90 % » et « près de 80 % » décrivent le même phénomène mesuré
autrement, et l'un comme l'autre sont exacts. Les nombres bruts, eux, permettent de refaire le
calcul et de voir ce qui est compté.
Ordres de grandeur complémentaires. Les reconnaissances au titre du tableau 57
ont augmenté entre 1993 et 2011 avant de se stabiliser autour de quarante mille par an à partir
de 2012, avec une inflexion en 2020 liée à la pandémie. L'épaule représente environ 37 % des TMS
reconnus, devant le coude et la main. Tous les secteurs sont concernés, avec une concentration
dans l'agroalimentaire, la métallurgie, la construction automobile et le bâtiment.
Ce qui pèse sur l'employeur
Il n'existe pas de réglementation spécifique aux TMS. Ce sont l'obligation générale de préserver la santé physique et mentale des salariés, inscrite à l'article L. 4121-1 du Code du travail, et les neuf principes généraux de prévention qui s'appliquent.
Le document unique doit identifier les postes exposant aux TMS et prévoir des mesures adaptées — une évaluation qui porte sur des postes réels, non sur une catégorie générale.
La reconnaissance a un effet direct sur l'entreprise, sa cotisation au titre des accidents du travail et des maladies professionnelles étant impactée.
Une prise en charge précoce améliore les perspectives : les sources professionnelles soulignent qu'elle favorise la rémission, ce qui donne son sens à la possibilité de solliciter le médecin du travail avant que la situation ne se dégrade.
🛡️ Cette page ne dit pas si votre cas entre dans un tableau
Répondre suppose de confronter un diagnostic précis, une chronologie d'exposition et le texte exact du tableau applicable, y compris les examens complémentaires qu'il impose parfois. Un tableau n'est pas une liste de symptômes mais un texte réglementaire à trois entrées, dont les désignations sont d'une précision que les formulations courantes ne rendent pas.
Elle n'estime aucun taux d'incapacité et ne dit pas s'il faut déclarer. Ce qu'elle fait est différent : montrer qu'il existe trois voies et non deux, et ce que chacune suppose d'établir — parce que se croire dans la troisième alors qu'on relève de la deuxième change tout, à commencer par le seuil.
Questions fréquentes
Qu'apporte l'inscription dans un tableau ?
Une présomption d'imputabilité, c'est-à-dire une dispense de preuve. Lorsque les conditions médicales, techniques et administratives d'un tableau sont réunies, la maladie est reconnue d'origine professionnelle sans qu'il soit nécessaire d'établir le lien avec le travail. Encore faut-il que trois cases soient cochées : la pathologie doit être celle que désigne le tableau, parfois avec des examens complémentaires imposés ; le délai de prise en charge doit être respecté, c'est-à-dire la période maximale entre la fin de l'exposition et la première constatation médicale ; et les travaux effectués doivent figurer dans la liste limitative, une condition de durée d'exposition pouvant s'y ajouter. Pour les tendinopathies de l'épaule, ce délai de prise en charge est par exemple de trente jours. Il revient par ailleurs au salarié de prouver qu'il a été exposé au risque.
Que se passe-t-il si une condition du tableau n'est pas remplie ?
Une voie intermédiaire s'ouvre, et c'est le point le moins connu de tout le dispositif. Lorsque la maladie figure bien dans un tableau mais qu'une ou plusieurs conditions ne sont pas remplies — délai de prise en charge, durée d'exposition, liste limitative des travaux — elle peut néanmoins être reconnue d'origine professionnelle s'il est établi qu'elle est directement causée par le travail habituel de la victime. Deux différences majeures avec la voie applicable aux maladies absentes de tout tableau méritent d'être soulignées. D'abord, aucun taux d'incapacité minimum n'est exigé sur cette voie intermédiaire. Ensuite, le critère lui-même est moins exigeant : il faut établir que la maladie est directement causée par le travail, là où l'autre voie impose qu'elle en soit essentiellement et directement causée.
Quelle part des maladies professionnelles les TMS représentent-ils ?
Les chiffres publiés varient de quatre-vingts à quatre-vingt-dix pour cent selon les sources, ce qui invite à regarder les nombres bruts plutôt que les pourcentages arrondis. Sur une année de référence documentée, sur quarante-quatre mille deux cent dix-sept maladies professionnelles prises en charge au régime général, trente-huit mille deux cent quatre-vingt-six relevaient des troubles musculosquelettiques, dont trente-cinq mille quatre-vingt-quinze au titre du seul tableau numéro cinquante-sept. Cela donne environ quatre-vingt-sept pour cent pour l'ensemble des TMS et environ soixante-dix-neuf pour cent pour ce seul tableau. L'écart entre les pourcentages qui circulent s'explique donc largement par le périmètre retenu — tous les tableaux concernés ou le seul tableau cinquante-sept — et par l'année considérée.
Pourquoi le dos échappe-t-il en partie à ces statistiques ?
Parce que le tableau le plus cité ne le couvre pas, et parce que les atteintes du dos empruntent souvent une autre porte. Le tableau numéro cinquante-sept vise les affections périarticulaires des membres — épaule, coude, poignet, genou, cheville — et exclut le rachis, lequel relève des tableaux consacrés au rachis lombaire. Surtout, une source spécialisée souligne un piège statistique : les atteintes du dos passent majoritairement en accident du travail plutôt qu'en maladie professionnelle, de sorte qu'il faut additionner les deux compteurs pour mesurer le risque réel. Elle rappelle par ailleurs que la manutention manuelle est à l'origine de la moitié des accidents du travail en France. Le chiffre le plus cité sur les TMS sous-estime donc précisément la plainte la plus répandue.
Pourquoi cette page ne dit-elle pas si votre cas entre dans un tableau ?
Parce que la réponse suppose de confronter un diagnostic précis, une chronologie d'exposition et le texte exact du tableau applicable, y compris les examens complémentaires qu'il impose parfois. Un tableau n'est pas une liste de symptômes mais un texte réglementaire à trois entrées, et les désignations y sont d'une précision que les formulations courantes ne rendent pas. Cette page n'estime donc aucun taux d'incapacité et ne dit pas s'il faut déclarer : elle décrit les trois voies existantes et ce que chacune suppose d'établir. Le médecin traitant et le médecin du travail sont les interlocuteurs pour le versant médical, la caisse d'assurance maladie pour la procédure, et le médecin du travail peut être sollicité à tout moment sans passer par l'employeur.
Les trois voies
Maladie inscrite dans un tableau avec toutes les conditions réunies : présomption d'imputabilité, sans preuve du lien ni seuil d'incapacité · maladie inscrite mais une condition non remplie : reconnaissance possible s'il est établi qu'elle est directement causée par le travail habituel, sans seuil d'incapacité · maladie ne figurant dans aucun tableau : lien essentiel et direct à établir et taux d'incapacité d'au moins 25 %
Conditions d'un tableau
Désignation de la pathologie, parfois assortie d'examens complémentaires · délai de prise en charge, période maximale entre la cessation de l'exposition et la première constatation médicale · liste limitative des travaux, avec le cas échéant une durée d'exposition. Le salarié doit prouver son exposition au risque et la maladie doit être constatée par un médecin
Tableau 57 du régime général
Affections périarticulaires provoquées par certains gestes et postures de travail : épaule, coude, poignet, genou, cheville. Créé en novembre 1972, dernière mise à jour en mai 2017, révision d'août 2012 pour les pathologies du coude introduisant une confirmation par électroneuromyographie pour la compression du nerf ulnaire. Délai de prise en charge de 30 jours pour les tendinopathies de l'épaule. Le rachis en est exclu
Autres tableaux concernés
Effets des vibrations transmises aux mains et aux bras, lésions chroniques du ménisque, et tableaux consacrés au rachis lombaire. Le régime agricole dispose de tableaux équivalents sous d'autres numéros ; une source consultée intervertit les deux régimes, la correspondance retenue ici étant celle de l'INRS
Chiffres bruts
Sur une année documentée au régime général : 44 217 maladies professionnelles prises en charge, dont 38 286 troubles musculosquelettiques, dont 35 095 au titre du seul tableau 57, soit environ 87 % et 79 %. Les parts publiées varient de 80 à 90 % selon le périmètre et l'année
Évolution
Reconnaissances au titre du tableau 57 en hausse entre 1993 et 2011, puis stabilisées autour de 40 000 par an à partir de 2012, avec une inflexion en 2020 liée à la pandémie. L'épaule représente environ 37 % des TMS reconnus
Point de vigilance statistique
Les atteintes du dos passent majoritairement en accident du travail plutôt qu'en maladie professionnelle. La manutention manuelle est à l'origine de la moitié des accidents du travail en France
Obligations de l'employeur
Aucune réglementation spécifique aux TMS : application de l'obligation générale de l'article L. 4121-1 du Code du travail et des neuf principes généraux de prévention, avec identification des postes exposants dans le document unique. La reconnaissance impacte la cotisation au titre des accidents du travail et des maladies professionnelles
Ce que la page ne fait pas
Elle ne dit pas si une pathologie entre dans un tableau, n'estime aucun taux d'incapacité, ne conseille ni ne déconseille de déclarer et ne se prononce sur aucune situation individuelle
Publié le
27 août 2026
Prochaine révision prévue
février 2027
Vos données
Une situation choisie dans une liste. Aucun symptôme, aucun métier et aucune donnée de santé ne sont demandés.
Avertissement. Page informative et générale, qui ne constitue ni un avis médical ni un conseil juridique. Le texte des tableaux se lit avec un médecin, et la caisse d'assurance maladie instruit les demandes.